Sri Lanka

Traitement de l’eau : visite guidée de la station de Kaluthavalai
le 21 mars 2005
Katarina, déléguée WATSAN de la Fédération, a rendez-vous avec Arnaud Vontobel, le coordinateur technique Eau et Assainissement de la Croix-Rouge française. Elle souhaite voir et comprendre tout le processus d’épuration d’eau. La station est basée au milieu des étangs de Kaluthavalai, dans le district d’Ampara. L’occasion d’une petite session de pédagogie appliquée pour non-initiés.

©CRF/G.Drot
 
106 m3 d’eau potable ont été produits hier, 16 mars. C’est un record depuis l’installation de la station, il y a une semaine tout juste. L’eau brute est prélevée dans un canal d’irrigation qui sert à arroser les rizières et relié à un étang, dans le secteur de Batticaloa. L’eau est filtrée une première fois grossièrement grâce à une crépine installée sur la pompe.
Par de gros tuyaux en plastique, l’eau est ensuite acheminée jusqu’à trois énormes bassins de sédimentation. Une solution de sulfate d’alumine est versée dans les bassins et va permettre de concentrer les matières organiques en suspension qui rendent l’eau trouble. Sous l’effet de leur poids, celles-ci sédimentent alors au fond du bassin, formant une couche de boue.
L’eau restera stockée trois heures ainsi avant d’être acheminée par tuyaux vers deux unités de filtration, à raison de 5 m3 par heure chacune.

Ces deux machines sont équipées d’une part d’un filtre de sable qui sert à clarifier l’eau, d’autre part d’un filtre à charbon actif qui lui permet d’améliorer le goût et l’odeur. A la sortie, une pompe doseuse envoie de manière régulière une certaine quantité de chlore.

15 à 20 litres d’eau par jour et par personne

La chloration répond aux normes européennes, soit 0,2mg/litre à la sortie. Il faut cependant contrôler et augmenter un peu plus ce taux en raison d’importantes déperditions provoquées par la chaleur au cours de la distribution.
L’équipe de la station surveille également plusieurs fois par jour la conductivité, un indicateur de la salinité de l’eau, dans un laboratoire improvisé sous une tente. Des sortes de tests sont effectués par incubation et par lampe UV pour contrôler la présence de bactéries, principalement les coliformes.

L’eau est ensuite stockée dans deux grands réservoirs en attendant d’être acheminée vers les villages. C’est un défilé permanent de tracteurs et de camions munis de citernes ou d’énormes vessies. Ils alimentent tous les sites sinistrés de la zone. Des réservoirs noirs sont installés un peu partout le long des routes, à l’entrée des villages ou à l’intérieur. La population, réticente au départ (considérant que l’eau n’avait pas de goût), vient désormais la puiser aux réservoirs de façon naturelle.

100 m3 d’eau permettent d’aider 5 000 personnes par jour. C’est encore peu, sachant qu’une personne a besoin de 15 à 20 litres d’eau par jour. Toute la production est actuellement distribuée. Arnaud attend désormais des estimations plus précises concernant les besoins réels de la population. L’arrivée de la saison sèche laisse à penser que ces besoins vont augmenter encore au fil des semaines.

Géraldine Drot


   
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