Indonésie

Le Comité International de la Croix-Rouge en Asie
le 14 avril 2005
Torture, exactions, blessés, familles séparées, populations déplacées vivant dans des conditions de vie et d’hygiène aléatoires, les conflits sont généralement cause de violations du droit humanitaire. En vertu des Conventions de Genève (1949), aujourd’hui ratifiés par la quasi-totalité des pays, le Comité International de la Croix-Rouge (C.I.C.R.) est mandaté par la communauté internationale pour protéger et porter assistance aux victimes de conflits armés et garantir le respect des principes du Droit International Humanitaire.

©CRF/E.Rossi
 
La Province d’Aceh ravagée par le tsunami, fait partie des 65 zones où le C.I.C.R intervient aujourd’hui. Sa présence est due au conflit qui fait rage entre le mouvement séparatiste armé acehnais (GAM) et l’armée indonésienne depuis près de trente ans. Avec l’accord des deux camps, le CICR est présent dans la région et porte secours aux victimes depuis près de sept ans. Dans cette pointe septentrionale de l’île de Sumatra, avant le tsunami, ses trois activités principales étaient : sensibiliser les belligérants aux droits fondamentaux de la personne et aux règles relatives à la conduite des hostilités ; rencontrer, dans leur lieu de détention, les personnes privées de liberté du fait du conflit ; et enfin, maintenir les liens entre les personnes détenues et leur famille. En outre, le C.I.C.R apportait un soutien a la Croix-Rouge indonesienne concernant l’assistance aux blesses, à l’evacuation de corps, etc.

©CRF
 
Depuis le 26 décembre dernier, bien évidemment, ces missions « traditionnelles » ont été mises en veille pour porter assistance aux victimes du tsunami. Et ce sont près de soixante-dix personnes qui sont venues s’ajouter aux deux personnes déjà présentes sur le terrain. Les équipes, composées d’expatriés et d’employes locaux, travaillent en étroite collaboration avec les membres de la Croix-Rouge indonésienne. Mise en place d’un hôpital chirurgical de campagne de cent lits, soutien aux structures locales de santé en matière d’équipement et de médicaments ; distribution de nourriture et toutes les choses nécessaires à la survie : tentes, matériels de cuisine, draps, vêtements... le traitement de l’eau et sa distribution ; aide dans la recherche de disparus ou de parents par l’établissements de listes, prêts de téléphone satellites dans les zones enclavées... autant d’activités que le C.I.C.R s’apprête aujourd’hui à léguer aux autres composantes du mouvement Croix-Rouge, avec la Croix-Rouge indonésienne comme acteur central, pour se consacrer à nouveau à ses activités traditionnelles en faveur des victimes du conflit.

Quelques question à Amela Husagic, chef de la sous-délégation du C.I.C.R à Banda Aceh Quand êtes-vous arrivée et quelles ont été vos premières actions ?
Nous sommes arrivés ici dès le 29 décembre. Nous étions quatre. Une des premieres urgences était d’évacuer les corps, les centaines de milliers de corps qui jonchaient les rues, les plages, les décombres. La Croix-Rouge indonésienne avait déjà - malheureusement -l’expérience dans le domaine. Nous avons également distribué tout ce que nous pouvions, en attendant le renfort. Tous les jours, nous travaillions du petit matin jusque tard dans la nuit. C’était un univers de cauchemar mais on n’avait pas le temps d’y penser.

Quelles sont les différences avec vos interventions habituelles ?
Aucune mission ne ressemble à une autre. Mais c’est vrai que d’habitude, en Afrique notamment, nous ne sommes qu’une poignée d’humanitaires dans les zones où l’on intervient. En fait, la principale différence pour le C.I.C.R réside dans le fait d’être présent dans une zone où vient de se produire une catastrophe naturelle. Nous sommes plus habitués à des causes - disons - humaines, trop humaines, du déclenchement de la catastrophe humanitaire dans laquelle nous intervenons. De fait, aujourd’hui, nos relations avec le gouvernement et l’armée sont sereines - ce qui n’est pas si fréquent !

Y a-t-il une particularité de l’action des volontaires de la Croix-Rouge, ici, dans la province d’Aceh ?
Oui, les volontaires de la Croix-Rouge sont en quelque sorte des « ambassadeurs » de la Croix-Rouge - et donc du C.I.C.R - et des principes que nous défendons. On peut dire que c’est une contrainte supplémentaire, comparé à d’autres acteurs présents dans le secteur. Lorsque tous les humanitaires seront partis, le C.I.C.R restera là pour garantir le respect et la diffusion du Droit International Humanitaire, d’une part, et, d’autre part, pour porter secours aux victimes du conflit tant que celui-ci perdurera. Or notre mouvement tire sa force de sa neutralité, de son indépendance et du message d’humanité que nous tentons de transmettre au quotidien.

Tanguy Abittan


   
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