Maldives

Visite de Gan
le 30 mars 2005
Il reste encore sur cette terre des îles paradisiaques et vierges de toute infrastructure touristique. Gan est l’une de ces perles rares, où la vie semble uniquement rythmée par le soleil, la pêche et l’école.

©CRF
 
Pour y parvenir, il faut prendre l’avion de Malé, la capitale des Maldives, et survoler durant une petite heure un chapelet d’îles et de lagons irréels dont certains ressemblent à d’immenses méduses, vus du ciel. Une silhouette en forme de croissant apparaît alors, recouverte en grande partie de forêts de cocotiers : bienvenue à Gan. Ce n’est qu’une fois au sol que l’on réalise l’envers du décor. Des routes effondrées, des maisons détruites, des branches de cocotiers réparties un peu partout sur l’île. Le tsunami est passé par là. Il a même été particulièrement féroce avec cette île : 25 personnes ont péri ici. D’où l’objet de notre visite.

Le projet de reconstruction de la Croix-Rouge française comprend 500 maisons, une école primaire, l’extension de l’hôpital, un stade, et un centre communautaire.

Un hangar, des entrepôts... comme refuges en attendant les constructions de la CRF
Commençons notre visite par l’hôpital, amené à devenir l’hôpital régional. Une centaine de personnes y travaillent actuellement, ainsi que 8 docteurs dont certains venus en renfort d’Inde ou de Russie, après le tsunami. L’administrateur de l’établissement explique qu’il manque au moins 50 lits, et des ambulances.
Le seul et unique véhicule a été donné par la Corée mais elle est remisée au garage. Impossible de trouver des pièces de rechange sur tout l’archipel. La Croix-Rouge Française s’est d’ores et déjà engagée à effectuer une donation de deux autres ambulances, en plus des travaux d’extension prévus dans le projet.

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l’école est sous un hangar
©CRF
 
Dirigeons nous à présent vers le village où doivent être construites les maisons, l’école, le stade et la salle communautaire. L’école primaire actuelle a été installée sous un hangar recouvert d’un toit en tôles. Ses 200 élèves devront patienter encore quelques mois avant de retrouver de vrais murs. De même que les 2085 réfugiés qui vivent pour le moment dans deux camps. Le premier compte 81 personnes, le second 2004. Mais le chef d’atoll a tout prévu. Il a mis plusieurs entrepôts et une immense usine de vêtements désaffectée à leur disposition, avec douches, toilettes, cuisines et même une salle de prière. Une communauté reconstituée, où petits et grands semblent avoir retrouvé un semblant de vie normale.
séance de coiffeur improvisée - 21.2 ko
séance de coiffeur improvisée
©CRF
 
Je surprends une séance de coiffeur, dans la cour. Deux musulmanes coupent les cheveux d’un petit garçon boudeur et se moquent gentiment de lui. Des personnes regardent la télévision dans leur chambre ou font leur lessive. Le chef d’atoll leur a acheté deux machines à laver. Ici et là, des enfants jouent dans l’herbe ou construisent des tentes en tissu. Une certaine sérénité règne ici. La CRF jouit d’excellentes relations avec ces populations déplacées grâce à des visites régulières dans l’île. Une base permanente de l’association sera bientôt opérationnelle.

A Gan les servives publics et administratifs seront concentrés
Ces réfugiés sont originaires de Gan même et de deux îles voisines, Mundoo (504 habitants) et Kalkhaidhoo (456 habitants). Ils ont accepté de quitter leurs îles dévastées pour venir s’installer à Gan où tous les services publics et administratifs seront concentrés. Actuellement, la population sur l’île est estimée à 4523 personnes.

Géraldine Drot


   
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