Indonésie

Renforcer les capacités de gestion des catastrophes
le 10 août 2005
Le 18 juillet 2005, le gouvernement français, par le biais de son ambassadeur Renauld Vignal, et le gouvernement indonésien ont signé une lettre d’intentions communes sur la gestion des catastrophes en Indonésie. Ce texte donne le coup d’envoi d’un vaste programme qui va s’étendre sur deux ans. Ysabeau Rycx, coordinatrice CRF pour la prévention et la gestion des catastrophes, nous explique les enjeux de ce projet, mené conjointement par les autorités françaises et la Croix-Rouge. ce programme est en partie financé par le gouvernement français (Ambassade de France en Indonésie).

Un pays en proie à de multiples catastrophes
Alwi Shihab et Renauld Vignal - 6 ko
Alwi Shihab et Renauld Vignal
©CRF
 
L’Indonésie est un pays régulièrement touché par tous types de catastrophes : inondations, glissements de terrain, volcans, tremblements de terre, tsunamis, sécheresses. L’archipel a été frappé par 302 inondations et 16 éruptions volcaniques - dont 2 majeures - en 5 ans. 65 tremblements de terre, combinés ou non à des raz-de-marées, ont eu lieu entre 1999 et 2004, provoquant 300 000 décès ainsi que le déplacement de millions de sinistrés. A cette liste il faut ajouter pour la même période 245 glissements de terrain, 48 feux de forêt, 30 épidémies et 10 accidents industriels majeurs. Des chiffres qui donnent le tournis.

Le tsunami du 26 décembre 2004 a mis en exergue l’important besoin de coordination des secours. Suite à ce drame, le gouvernement français a sollicité la Croix-Rouge Française pour rallier le programme de gestion des catastrophes, initié avec Jakarta six mois plus tôt : « Ce programme de 5,1 millions d’Euros sera entériné par un accord quadripartite impliquant les Croix-Rouge Française et Indonésienne, le gouvernement français et l’Agence de coordination nationale », explique Ysabeau. A Paris, le projet est supervisé par un comité de suivi, composé du ministère des Affaires étrangères, de l’Intérieur et de la Croix-Rouge française.

Un programme global
Destructions à Meulaboh - 7.5 ko
Destructions à Meulaboh
©CRF
 
Le projet comprend cinq volets principaux. Le premier consiste à renforcer les capacités du Bakornas en ce qui concerne la réponse et l’organisation des secours dans une situation de catastrophe. « Nous avons l’intention de créer un centre national de gestion des catastrophes avec une salle opérationnelle pour coordonner l’ensemble des secours. Nous mettrons en place deux centres de gestion unique des appels d’urgence - à Jakarta et à Bali - afin de fédérer et d’informer ambulances, sapeurs pompiers, équipes de la PMI (Croix-Rouge Indonésienne), hôpitaux, police, etc. Nous prévoyons également d’équiper le Bakornas en matériel de haute technologie et en outils de communication. Enfin, il faudra former le personnel, ainsi que les autorités locales qui ont également un rôle à jouer en cas de catastrophe. »

Le deuxième volet du projet prévoit la création de centres de gestion des catastrophes dans six régions (Jambi, Padang, Banda Aceh, Yogyakarta, Bali, Jakarta). « Il s’agit de centres pilotes, mais le projet est prévu pour s’étendre à l’ensemble de l’archipel indonésien, » précise Ysabeau. Sera d’ailleurs mis en place (troisième volet) un plan de formation des régions s’étalant sur deux ans qui impliquera plus de 200 personnes (police, PMI, sapeurs pompiers, etc.) : « Nous devons dialoguer ensemble pour comprendre qui fait quoi, et qui peut faire quoi. Tout cela se fera en coopération sur le terrain, en prenant en compte les capacités déjà existantes. Nous n’avons pas l’intention de tout refaire, mais de compléter et d’améliorer ce qui existe déjà. »

Dans le quatrième volet, la CRF prévoit un programme d’information de la population. Que faire en cas de tremblement de terre ou d’éruption volcanique ? Quels sont les bons réflexes ? « L’information pourra passer par des fascicules, des interventions dans les écoles, des campagnes de sensibilisation, etc. » Le dernier volet concernera la réglementation et la mise en place de plans d’alerte.

Gilles Lordet, Indonésie


   
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