Indonésie

Aménagement des camps de déplacés
le 18 août 2005
Installées depuis plus de 6 mois sous des tentes ou des « barak », des logements conçus par le gouvernement, les victimes du Tsunami souffrent de l’usure des infrastructures et de problèmes d’hygiène liés à l’insalubrité et la promiscuité. La Croix-Rouge Française réalise des aménagements dans les camps en même temps qu’elle s’engage dans les programmes de reconstruction.

Programme de gestion des déchets à Meulaboh
Marais situé derrière un camp - 4.3 ko
Marais situé derrière un camp
©CRF
 
A Meulaboh, sur la côte Ouest d’Aceh, l’expert « eau et assainissement », Novri, étudie un programme de gestion des déchets et de promotion de l’hygiène dans les camps de déplacés. Parfois, une décharge ouverte a été installée sous une tente, alors que dans le camp voisin, les déplacés utilisent directement les marais, véritables viviers à moustiques. Paradoxalement, c’est dans les « barak » que les conditions d’hygiène sont peut-être les pires. Parfois construits à la hâte, les camps aménagés par le gouvernement se transforment peu à peu en bidonvilles. A Seumeurang, par exemple, les latrines et les conduits d’eau n’ont pas été terminés ; les fosses septiques débordent et refoulent. Les symptômes classiques sont apparus depuis plusieurs semaines : maladie de peau, bronchite chronique, etc. « Certaines communautés, comme celle des pêcheurs, ont déjà au départ de mauvaises habitudes, se souciant peu des problèmes d’hygiène ou de propreté des lieux », explique la spécialiste. « Ils jettent leurs déchets dans les canaux qui se bouchent, créant en cas de pluie des inondations. Dans certains « barak », les gens jettent leur détritus sous les maisons en pilotis, là où viennent souvent jouer les enfants. Dans un autre, des WC ont été construits, mais certaines personnes continuent de faire leurs besoins directement dans le canal d’évacuation d’eau. » Novri espère mettre en place une collecte rationnelle des déchets, améliorer le système de drainage, et instaurer des séances d’initiation à l’hygiène. Elle prévoit d’intervenir dans six camps sous tentes et deux « barak », soit toucher environ 10000 personnes. « Mais la population est souvent peu motivée par les améliorations que l’on propose. Elle est soit encore sous le choc du raz-de-marée, soit devenue plus ou moins assistée par la multitude des programmes offerts par les ONG », déplore la jeune femme.

Réaménagement des camps à Sigli
Décharge à ciel ouvert - 11.1 ko
Décharge à ciel ouvert
©CRF
 
« Nous avons décidé d’employer un ingénieur civil pour mener les installations et les réparations nécessaires dans les camps de déplacés à Sigli », affirme Christophe Perruchot, chef de la mission CRF en Indonésie. Dans certains d’entre eux, la Croix-Rouge Française a déjà remplacé les tentes élimées et couvertes de champignons. Elle prévoit également de construire des préaux pour protéger les familles de la pluie et du soleil. Les structures devront être assez solides pour résister aux bourrasques de vent, fréquentes dans cette région. L’ingénieur aura pour mission d’auditer chaque camp et d’évaluer les besoins. Il faut se dépêcher car la situation risque d’être difficile pendant la mousson, à partir d’octobre, quand les pluies sont quotidiennes et violentes. Certains camps se trouvent à présent dans un état d’abandon, les ONG présentes durant les premiers mois qui ont suivi la catastrophe s’étant désengagées. La mission de Sigli gère l’eau et l’assainissement d’une vingtaine de camps (environ 20000 bénéficiaires). Si les travaux dans les camps sont nécessaires, la CRF n’oublie pas pour autant que la priorité est la reconstruction des maisons individuelles. 1500 habitations doivent être reconstruites dans ce sous-district ; 300 par la CRF.

Gilles Lordet, Indonésie


   
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