Indonésie

La renaissance du village de Cot-Jajah, en Aceh
le 12 octobre 2005
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Les villageois participent à la construction de leurs futures habitations
©/CRF
 
Le village de Cot-Jajah est situé sur la côte Est de l’Indonésie, en Aceh. En grande partie détruit par le tsunami, il est aujourd’hui en reconstruction. Les travaux se font en coordination entre la Croix-Rouge française et l’association Atlas. Un chantier exemplaire à plus d’un titre : les habitants participent aux travaux (programme « cash for work »), de plus l’habitat est conçu selon les normes anti-sismiques et en respect des critères architecturaux locaux. Reportage de Valérie Rouvière, Sigli.

L’arrivée à Cot-Jajah est impressionnante : le village est un chantier gigantesque. Une enfilade de maisons en construction et un immense tas de tuiles longe la côte. Reconstruire est aujourd’hui dans les têtes de tous les villageois. Il a pourtant fallu du temps avant qu’ils ne se décident à se mettre à l’ouvrage. Ils n’ont réinvesti leur village en ruines qu’un mois après le tsunami, traumatisés. 26 membres de la communauté ont péri dans la catastrophe. Contrairement à d’autres villages restés déserts depuis le 26 décembre, eux ont choisi de se réinstaller à Cot-Jajah. Ils ont d’abord déblayé le terrain et évalué les dégâts. La reconstruction a pu enfin commencer en avril 2005, grâce à la coopération de la Croix-Rouge française et d’Atlas. 88 maisons sur 130 sont à reconstruire, les autres seront simplement réhabilitées.

Des constructions modèles

Chaque habitation (dont le coût s’élève à 5000 €) est conçue pour résister aux séismes, récurrents dans la région et bien entendu à un éventuel nouveau tsunami. D’une superficie de 45 m2, les maisons correspondent aux critères architecturaux locaux avec par exemple le système de ventilation par le toit, ou encore une grande terrasse, lieu traditionnel de discussions entre voisins qui fait aussi souvent office de pièce supplémentaire lorsque la famille s’agrandit. Le chef du village est ravi de ces nouvelles constructions : « Au départ, nous avons été très surpris par l’utilisation des matériaux. En particulier ceux utilisés pour nos murs qui sont aujourd’hui tout blancs. Pour nous, le blanc était réservés aux riches habitations de Jakarta ! ». Il embrasse du regard son village, contemple les dernières nées : « Autrefois, notre village était l’un des plus pauvres du district, aujourd’hui c’est de loin le plus beau ! », lance t-il avec fierté.

Le projet mobilise environ 150 personnes : en premier lieu les hommes du village qui sont aptes à effectuer ce travail très physique, mais aussi une main-d’œuvre spécialisée venue d’ailleurs. Les employés sont organisés en équipes de dix, chacune spécialisée dans un domaine : la toiture, la menuiserie, le béton, etc. « Il aura fallu 5 mois pour que l’équipe trouve ses marques », explique Philippe, le maître d’œuvre, seul expatrié à être en permanence sur le chantier. « Il y a souvent des problèmes d’incompréhension. Et il nous a fallu former les villageois, en particulier à l’électricité pour être en phase avec les normes de sécurité ».

Un nouvel avenir pour les villageois

Famille dans l’attente de sa maison en construction - 25.7 ko
Famille dans l’attente de sa maison en construction
©/CRF
 
Les habitants de Cot-Jajah sont des pêcheurs de pères en fils. Pour eux, construire une maison n’allait pas de soi. Ils ont donc appris un nouveau métier et comptent bien utiliser leur expérience pour améliorer leurs conditions de vie. Trois hommes ont déjà été embauchés sur d’autres chantiers et la filière du bâtiment ne cesse de susciter des vocations. C’est le cas de Razali. Ce jeune homme de 23 ans, vient juste de rejoindre une équipe : « Le métier de pêcheur est dangereux et aléatoire. Un jour on fait une bonne pêche qui nous rapporte beaucoup d’argent, un autre on rentre bredouille. Sur les chantiers, au moins, on a un salaire fixe et on est bien payés ». Le chef du village s’amuse de voir les membres de sa communauté ainsi reconvertis aux travaux du bâtiment. Il rit en montrant du doigt un homme perché sur un échafaudage : « Regardez-le, il est plus souvent là-haut que sur terre ! Je suis content que nos hommes puissent trouver de nouveaux revenus. Une vie meilleure s’annonce pour nous ».

22 familles ont déjà pris possession de leur nouvelle maison. D’autres attendent encore dans des abris provisoires. A raison de deux habitations livrées chaque semaine, les 88 familles sinistrées de Cot-Jajah devraient toutes être relogées d’ici à la fin décembre.



   
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