Indonésie

Jean-François Mattei en visite en Indonésie
le 20 décembre 2005
Le président Mattei et une bénéficiaire de maison - 24 ko
Le président Mattei et une bénéficiaire de maison
©/CRF
 
Du 17 au 19 décembre, le président de la Croix-Rouge française, Jean-François Mattei s’est rendu en Indonésie. A l’occasion de cette visite, le président a pu constater l’avancée des projets dans la région de Sigli. Il était accompagné par les représentants de la PMI (Croix-Rouge Indonésienne) avec qui la Croix-Rouge travaille en étroite coopération. La visite a commencé dans les camps achalandés en eau et assainis par la CRF, s’est poursuivie sur les chantiers de maisons et de centres de santé et s’est terminée par l’école de Samalanga, inaugurée en novembre dernier. Pour le président, « le bilan est positif ».

V.R. : Votre dernière visite en Indonésie remonte à juin dernier. Aujourd’hui, voyez-vous une évolution ?

J-F Mattei : Ce n’est pas comparable. En juin, j’ai vu des plans, des dossiers. Aujourd’hui je découvre des chantiers de maisons, des écoles terminées. La reconstruction avance. Nos équipes sont en pleine effervescence.

J-F Mattei remercié par le chef du village reconstruit par la CRF - 21.8 ko

J-F Mattei remercié par le chef du village reconstruit par la CRF
©/CRF

V.R. : Que répondez-vous à ceux qui pensent que la reconstruction n’avance pas assez vite ?

J-F Mattei : Je pense qu’ils n’ont pas une bonne vision du terrain. Je leur dis : regardez le temps que nous mettons en France à reconstruire. En Indonésie, en moins d’un an, nous avons réussi à surmonter les difficultés administratives et les problèmes de cadastre pour reconstruire des maisons, des centres de santé, des écoles. Notre bilan est positif. Sur les 25 millions qui ont été donnés pour l’Indonésie, nous en avons pour l’instant dépensé un cinquième. Tout se fera. Il faut simplement laisser du temps à nos équipes. J’ai visité aujourd’hui un village reconstruit par l’ONG Atlas grâce aux dons que nous avons récoltés. Pas moins de 2 maisons y sont livrées par semaine.

V.R. : L’encombrement humanitaire a-t-il été un frein ?

J-F Mattei : Il est vrai que cela a compliqué les choses. Il a fallu du temps pour identifier les projets. Mais ce qui importe c’est que les projets se fassent, qu’il y ait assez d’argent et c’est le cas.

V.R. : Certains disent même qu’il y a trop d’argent affecté au tsunami. Qu’en pensez-vous ?

J-F Mattei : Ce matin nous avons eu une réunion avec les autorités locales de Bireuen (un des districts les plus pauvres d’Indonésie). Il y avait les ministères des Affaires Sociales, de l’Education et de la Santé.

A la nouvelle école de la Samalanga - 18.5 ko

A la nouvelle école de la Samalanga
©/CRF

Tous nous ont demandé de nous engager sur de nouveaux projets : créer des centres pédagogiques, des bibliothèques, de nouvelles écoles et des centres de soins. Il y a d’immenses besoins. Regardez tous ces gens qui vivent encore dans les camps ; pensez-vous vraiment qu’il y a trop d’argent ? Nous ne quitterons ce pays que lorsque les tentes auront disparu.

V.R. : Vous venez de publier un livre, "L’urgence humanitaire, et après ?". Vous défendez une certaine idée

J-F Mattei : Tout d’abord, je pense que l’humanitaire est un engagement pour le mieux-être de chacun, l’approche doit être individuelle. Ensuite, l’humanitaire ne s’arrête pas à l’urgence. Si c’était le cas, nous aurions quitté l’Indonésie dès le mois de février. Je reste convaincu qu’une fois qu’on a sauvé les gens, il faut les accompagner pour un mieux-vivre et une autonomie retrouvée. Après l’urgence, il faut assurer à chaque famille un toit, une école, un centre de santé et un travail. Ce sont les quatre directions dans lesquelles nous travaillons aujourd’hui.

V.R. : Il semblerait que depuis le tsunami la Croix-Rouge française se soit posée en acteur majeur sur la scène humanitaire internationale ?

J-F Mattei : C’est vrai. Nous n’avons jamais autant envoyé de volontaires à l’étranger. Nous couvrons aujourd’hui 35 pays et depuis un an que je suis président j’ai pu me rendre compte du travail de nos équipes sur pas moins d’une dizaine de pays.

V.R. : Quel est votre positionnement pour 2006 ?

J-F Mattei : Nous allons poursuivre nos actions dans les zones affectées par le tsunami en doublant notre activité. Les six premiers mois ont été ceux de l’urgence et du lancement des projets. En 2006, ce sera l’effervescence. Nous avons dépensé 18 millions d’euros en 2005, nous en dépenserons 40 en 2006.

Entretien avec Valérie Rouvière


   
Recherche   
 
Articles précédents
 
   
 
 
Bilan des actions, 4 ans après
 
Pour tout savoir sur les actions et les projets de la Croix-Rouge française, 4 ans après le tsunami, cliquez ici