Indonésie

Premier projet de relance économique à Banda-Aceh
le 27 décembre 2005
Ce matin, le village de Lampulo, à la périphérie de Banda-Aceh, a des airs de fête. Des haut-parleurs diffusent la musique de Rafli, la star de la chanson acehnaise. Une tente de cérémonie a été montée et un groupe de femmes s’y est installé. C’est pour elles un grand jour : la Croix-Rouge française vient leur distribuer des kits de pâtissières comprenant une trentaine d’ustensiles.

Distribution des kits de cuisine - 18.1 ko
Distribution des kits de cuisine
©/CRF
 
Fours, mixeurs, gazinières, plats, etc. Les femmes de Lampulo ont tout perdu dans le tsunami, en même temps que leur maison et leurs économies. Sans moyens financiers pour se rééquiper, elles se débrouillent pour fabriquer sous leurs tentes des gâteaux qu’elles revendent ensuite sur Banda-Aceh. Elles vont désormais pouvoir reprendre à 100% leur activité. Il a fallu à peine un mois à la Croix-Rouge française pour mettre en place ce programme : de l’identification des besoins à la distribution des kits. Florence, coordinatrice de ce projet, explique : « c’est un programme simple, à petit échelle, mais qui améliore vraiment le quotidien de ces femmes. Nous allons faire de même avec leurs maris, pêcheurs de métier. Depuis le tsunami, ils n’ont plus les moyens de stocker le poisson en quantité suffisante, ce qui a fait chuter leurs revenus. Nous allons rapidement leur fournir des boîtes isothermes afin que leur activité soit aussi rentable qu’avant la catastrophe ».

Nouvelle base à Banda-Aceh

Moment d’émotion entre Florence, responsable du projet, et une pâtissière  - 16.8 ko
Moment d’émotion entre Florence, responsable du projet, et une pâtissière
©/CRF
 
Pour cette première distribution de la Croix-Rouge française à Banda-Aceh, une cérémonie a été organisée. Sont présentes les autorités locales et la Croix-Rouge indonésienne, partenaire de l’opération. Christophe Perruchot, chef de mission CRF en Indonésie, se réjouit de voir l’association désormais implantée à Banda-Aceh : « la plupart des ONG sont positionnées sur le long terme avec des projets comme la reconstruction de maisons. Pendant ce temps, les gens de Banda-Aceh, eux, vivent dans des camps. Leurs conditions de vie sont médiocres. Il est vital de leur redonner une activité économique au plus vite ». La Croix-Rouge française est aujourd’hui la seule organisation humanitaire à proposer de la relance économique pour les déplacés de Banda-Aceh. Un pôle reconstruction a également été créé : un chantier de 500 maisons devrait démarrer en 2006.

Un an après le tsunami, Christophe Perruchot se dit satisfait de l’action de ses équipes en Indonésie : « De 4 projets en mai 2005, nous sommes passés à 30 fin décembre. Nous couvrons différents domaines : l’eau, la reconstruction, la santé et la relance économique. Nos projets s’inscrivent généralement sur le long terme puisque nous nous sommes engagés sur au moins 5 ans en Indonésie. Les mettre en place n’a pas toujours été facile, il a fallu se positionner dans le paysage humanitaire (hormis le mouvement Croix-Rouge, on dénombre une centaine d’ONG, sans oublier les différentes instances de l’ONU). Mais ce que je retiens de cette année de travail, c’est la motivation de mes équipes : celle des expatriés mais aussi celle des Indonésiens qui ont fait preuve d’une grande motivation (le staff local CRF s’élève à 180 personnes ».

Valérie Rouvière


   
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