Indonésie

Commémoration à Banda-Aceh
le 28 décembre 2005
La mosquée, seul bâtiment épargné par le tsunami - 10.8 ko
La mosquée, seul bâtiment épargné par le tsunami
©/CRF
 
Il fait un soleil radieux à Banda-Aceh en ce 26 décembre, jour de commémoration du tsunami. Sur le port de Ulee Lheue, entièrement dévasté par le tsunami, les traces du désastre sont encore visibles. Les dalles de béton sont tout ce qu’il reste des maisons. Ici, seule la mosquée a résisté.

Une grande tente a été érigée pour la cérémonie officielle. Devant 500 personnes, parmi lesquelles des représentants de dizaines de pays étrangers, le chef de l’Etat indonésien, Susilo Bambang Yudhoyono, a salué « la force et le courage des rescapés ». Il a ajouté que s’il fallait pleurer les morts, l’heure était venue de se tourner vers l’avenir : « aujourd’hui, demain et les jours qui suivent ne seront pas dominés par la souffrance parce que nous sommes ici aussi pour honorer les survivants (...) qui veulent tous reconstruire leur vie », a-t-il déclaré. Il a également remercié la communauté internationale pour son aide, ajoutant toutefois « qu’il reste encore beaucoup à faire ». A 8h16 précises, heure à laquelle le tsunami a déferlé il y a un an, une minute de silence a été observée à la mémoire des 168 000 victimes de la catastrophe en Aceh. Un groupe d’orphelins du tsunami, vêtus de blanc, a interprété une chanson très touchante et a suscité une vive émotion dans l’assistance.

Cérémonie officielle sur le port de Banda-Aceh - 13.7 ko
Cérémonie officielle sur le port de Banda-Aceh
©/CRF
 
Sur un écran vidéo, des personnalités étrangères ont adressé leur messages aux Indonésiens : le président américain, George W. Bush, a insisté sur l’aide apportée par son pays tandis que le secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, a estimé que les plus grands défis restaient à relever : « les soutiens de famille ont terriblement besoin de retrouver leur gagne-pain. Des centaines de milliers de familles ont besoin de s’installer à nouveau dans un foyer permanent et les villages doivent être reconstruits ».

Fresque exposée devant la mosquée - 9 ko
Fresque exposée devant la mosquée
©/CRF
 
Plus tard dans la matinée, il y a foule sur le port. Un peintre s’est installé près de la mosquée, où il expose une fresque sur le tsunami, fruit de 9 mois de travail. L’œuvre représente l’immense vague déferlante, les corps engloutis, la mosquée toujours debout, comme un signe de Dieu. Un peu plus loin, un vendeur ambulant propose des photos très crues des premiers jours du tsunami. On distingue les corps ensanglantés au milieu des gravats en pleine ville. Néanmoins, l’atmosphère n’est pas du tout sinistre. Les gens bavardent, rient, s’arrêtent pour boire un verre ou manger un mi-goreng (plat national). « Comme si tout était normal », remarque Mahdi, chauffeur de taxi, qui a perdu sa belle-famille dans le quartier. « La vie continue ! ». C’est peut-être ce qu’il y a de plus étonnant chez les Acehnais, cette capacité à dépasser la douleur, à avancer sans jamais s’apitoyer.

Valérie Rouvière


   
Recherche   
 
Articles précédents
 
   
 
 
Bilan des actions, 4 ans après
 
Pour tout savoir sur les actions et les projets de la Croix-Rouge française, 4 ans après le tsunami, cliquez ici