Sri Lanka

L’heure des premiers bilans
le 2 janvier 2006
Dans la nuit du 26 décembre, le Sri Lanka s’est recueilli pour commémorer les victimes du Tsunami. Des prières ont eu lieu toute la nuit et des bougies ont été allumées sur les lieux des destructions. Une soirée sobre et digne qui a été suivie par de nombreux étrangers habitant dans le pays ou simples touristes. Pour les organisations internationales, c’est également le temps des premiers bilans.

Buona Vista

Nouvelle maison CRF - 12 ko
Nouvelle maison CRF
©/CRF
 
Lundi 27 décembre, l’inauguration d’un Bouddha à la maison de retraite de Buona Vista, à Galle, a été l’occasion pour les autorités de réunir les organisations impliquées dans la réhabilitation des cette institution, en présence du ministre de la justice. La CRF y aide à la rénovation des infrastructures, particulièrement le bâtiment des femmes. La mission restaure également le réseau d’eau jusque là insuffisant. Les personnes âgées recueillies dans cette gériatrie vivent en effet dans une situation sanitaire désastreuse et sont restreintes dans leur mouvement du fait d’une conception générale du site qui ne permet pas à des personnes à mobilité réduite de se déplacer. Beaucoup d’entre elles sont sans famille suite au Tsunami. La CRF veut repenser l’ensemble et améliorer les conditions d’hygiène.

Après une longue période préparatoire, les grands projets de reconstruction et les plans de réhabilitation dans le domaine de l’eau et de l’assainissement se mettent en place et occuperont toute l’année 2006.

La reconstruction en marche

Les futurs bénéficiaires visitent les nouvelles constructions - 12.7 ko
Les futurs bénéficiaires visitent les nouvelles constructions
©/CRF
 
Pour la reconstruction située en dehors de la « buffer zone » (zone tampon), la bande côtière définie par le gouvernement comme interdite à la construction, les choses avancent. 6 maisons ont déjà été remises aux bénéficiaires dans la région de Pottuvil et d’Arugam Bay, à l’Est du Sri Lanka. Six autres sont en cours de construction et seront terminées fin janvier. Dans le même temps, la Croix-Rouge prépare les terrains pour la construction de 12 maisons à Koddaikallar, dans le district de Batticaloa, et de 6 à Galle. Les travaux commenceront dans quelques jours. 11 autres chantiers sont en cours d’approbation par les autorités sri lankaises. « Nous voulons monter à une moyenne de 10 maisons construites par mois et progressivement atteindre entre 40 et 60 maisons en construction par mois et par site, déclare Johan Roels, en charge de la reconstruction à Ampara. 100 maisons sont prévues à Batticaloa, 100 à Ampara et 100 à Galle. Le programme doit durer deux ans. « Pour l’instant, les programmes de reconstruction que nous arrivons à mettre en place concernent des populations qui habitaient en dehors de la « zone tampon » et pour lesquelles ne se posent pas de problème de relogement, affirme Julien Virgili, coordinateur reconstruction. Car nous reconstruisons sur les anciens lieux de leurs habitations. »

Le travail est autrement plus compliqué pour le programme de reconstruction de 1000 maisons de victimes du Tsunami qui habitaient précédemment sur la côte et qui seront relogés dans de nouveaux villages. A Galle, la difficulté majeure reste l’allocation de terrains : « Le consultant défini par la Croix-Rouge Sri Lankaise nous a proposé des nouveaux terrains de relogement, mais ils ne conviennent pas toujours, ajoute Julien. Ils sont inondables, des déplacés y ont trouvé refuge. Ils appartiennent à un propriétaire privé et dans ce cas les procédures d’expropriations peuvent être interminables. On nous également proposé des terrains qui nécessitent des aménagements urbains trop importants. »

Les locaux participent aux travaux - 11.3 ko
Les locaux participent aux travaux
©/CRF
 
A Ampara, où 250 maisons sont prévues, les terrains sont déjà définis. La CRF est encore en phase d’études. Le travail préparatoire menée par le maître d’oeuvre est long. Le relevé topographique est terminé depuis seulement un mois. L’étude de faisabilité a été validée il y a 15 jours, car manquaient des données importantes sur le type d’assainissement, l’approvisionnement en eau, etc. « N’oublions que nos programmes ne consistent pas simplement en la construction de maisons, mais il s’agit de créer de nouvelles communautés, explique Julien. Ce sont des projets de développement urbain importants et nous n’avons pas le droit à l’erreur. »

Partenariats

En parallèle, la CRF mène une coopération fructueuse avec les ONG locales comme Solideal Loadstar Rehabilitation Trust, Enfants et Développements, Solidarités et AIDER. Avec SLRT, une centaine de maisons ont été construites dans le cadre d’un programme financé à 70% par la CRF, le solde étant financé par la Croix-Rouge belge, le Lions club, Belga et d’autres bailleurs privés : « Au travers du programme CMA -Construction Material Assistance (un des programmes de SLRT)-, nous proposons aux victimes du Tsunami un complément à l’aide qu’ils reçoivent du gouvernement pour la réhabilitation ou la reconstruction de leurs maisons, ce complément doublant la somme reçue par chaque bénéficiaire. Ils sont maîtres du choix de l’entrepreneur, SLRT du suivi des travaux. Nous leur demandons juste de suivre les procédures pour nous assurer que l’argent est effectivement utilisé pour la reconstruction de leur maison », explique Philippe Leporcher, en charge du suivi des accords de coopération.

Des projets importants dans l’eau et l’assainissement

Dans l’eau et de l’assainissement, l’autre grand secteur dans lequel la CRF est présente au Sri Lanka, un vaste travail de réhabilitation des égouts est engagé à Kalmunai, ville proche d’Ampara, particulièrement touchée par le Tsunami. La vague a encombré les réseaux d’eau, empêchant l’évacuation des eaux usées. « Avec l’arrivée de la mousson, les inondations seront inévitables dans plusieurs quartiers. Nous travaillons en cash for work ; ce sont les bénéficiaires eux-mêmes qui prennent part à ce programme qui durera une mois dans sa première phase, explique Patrick Reymond, coordinateur eau et assainissement. « Au niveau du tout à l’égout qui se déverse dans la mer, la CRF prévoit d’ajouter une station de traitement sommaire pour diminuer l’impact sur l’environnement », ajoute Pierre Dassonville en charge des programmes eau et assainissement à Ampara.

La post-urgence dans les camps

Réfection des canaux dans un camp - 10.8 ko
Réfection des canaux dans un camp
©/CRF
 
A l’approche de la mousson, la CRF a également commencé des travaux d’urgence dans les camps. Une douzaine ont été identifiés dans la région d’Ampara. Le travail a commencé dans trois d’entre eux. A Galle, le projet porte sur une douzaine de camps également et a déjà démarré dans 2. Ces interventions consistent à créer un réseau de drainage et à recharger le sol en matériaux aux endroits sujets à la formation de bourbiers. Il s’agit également dans certains cas de remettre les latrines en état.

Nettoyage de puits

Nettoyage des puits - 43.2 ko
Nettoyage des puits
©/CRF
 
Dans le même temps, la CRF d’Ampara termine la réhabilitation de puits privés contaminés par le Tsunami (fort faux de salinité et détritus en décomposition). 1 600 ont été réhabilités sur un total de 2 300 prévus sur Ampara et Batticaloa. C’est un travail plus compliqué qu’il n’y paraît. Un nettoyage par pompage trop intensif peut attaquer la nappe phréatique et entraîner une pollution plus forte. « Le but de la CRF est de mettre un terme à la distribution d’eau par camion que nous assurons depuis des mois », explique Pierre. La CRF distribue de l’eau à 50 000 personnes sur la zone d’Ampara depuis 9 mois.

Gilles Lordet


   
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