Indonésie

Approvisionnement durable en eau et maintenance des infrastructures
le 29 mars 2006
En partenariat avec la Croix-Rouge norvégienne, la Croix-Rouge française a procédé début mars à des forages pour alimenter en eau douce les 2000 habitants du village de Lancang. La mission d’Aceh tente également d’impliquer davantage les populations bénéficiaires dans la mise en œuvre et la maintenance des installations d’eau et assainissement. L’objectif est d’arrêter progressivement la distribution par camion, d’améliorer les conditions d’accès à l’eau potable et de rendre les populations autonomes.

Equipe de forage de la Croix-Rouge norvégienne - 29.7 ko
Equipe de forage de la Croix-Rouge norvégienne
©/CRF
 
Le forage a été chercher l’eau à 80 mètres en profondeur et donne une eau douce et limpide. « Nous avons beaucoup de chance. Pas besoins de système de pompage pour l’amener à la surface. La pression est si forte qu’elle remonte toute seule, explique Christian Tiberghien, délégué eau et assainissement. C’est ce qu’on appelle un puits artésien. » Une femme fait son linge ; un homme qui revient de la pêche arrive pour prendre un bain. Plusieurs centaines de mètres plus loin, un second point d’eau est utilisé par les habitants. L’eau s’y déverse dans un grand bassin à une vitesse de 2,5 litres par seconde. En tout, trois forages alimentent le village. Nous sommes à quelques dizaines de mètres de la mer et cela semble formidable d’avoir de l’eau si douce. « Les gens préfèrent ne pas fermer le robinet, car sinon l’eau se mélange avec de la boue et est moins belle », précise Harist, le collègue indonésien de Christian.

Approche communautaire

Lavoir devant le point d’eau de la Croix-Rouge française - 31.1 ko
Lavoir devant le point d’eau de la Croix-Rouge française
©/CRF
 
Les installations sont encore sommaires et provisoires. Il s’agit de simples raccordements par des tuyaux en PVC pour que l’eau ne se déverse pas au milieu des maisons. Les forages ont été effectués au bord de la route en prévision des futurs équipements : « Dans quelques jours, nous commencerons les aménagements : un réservoir en hauteur redistribuera l’eau par un petit réseau, avec 4 à 5 points d’eau publics construits tous les 150 mètres le long de la route Nous prévoirons également un système d’écoulement pour les eaux usées », déclare Christian. Les gens qui bénéficient d’un programme CRF sont invités à participer à sa mise en œuvre. « Par exemple, pour les forages que nous avons effectués à Lancang, nous avons passé un contrat écrit et signé avec les villageois, affirme Harist. Nous nous sommes engagés à forer et à fournir de l’eau ; les villageois ont promis de nous aider à la construction des installations et au stockage du matériel. » Cette approche nouvelle fait partie de la stratégie 2006 de la Croix-Rouge Française : impliquer le plus possible les communautés bénéficiaires, leur donner le moyen de s’approprier les programmes. « On sait par expérience que les villageois feront vraiment attention aux installations quand nous seront partis, » conclut-il.

Difficultés rencontrées

Les femmes en pleine lessive - 35.4 ko
Les femmes en pleine lessive
©/CRF
 
La base de Sigli s’est imposée comme objectif d’améliorer les conditions d’accès à l’eau potable sur les 36 sites de déplacés que la mission française a pris en charge. Il s’agit en même temps de remplacer la distribution par camion que la CRF espère abandonner en novembre 2006 et de trouver des solutions durables sur place. « Ce projet est d’autant plus pertinent que les camps sont situés sur les lieux mêmes des anciens villages que les victimes ont refusé de quitter ou dans des camps très proches des anciennes habitations. Les maisons se reconstruisent et les villages reprennent forme lentement », précise Christian. 10 sites ont été sélectionnés pour le forage. « Dans les autres cas, nous envisageons soit la connexion au réseau national (PDAM), soit le nettoyage des puits de surface », continue-t-il. La CRF a fait des analyses d’eau à Musa Balee. L’eau y est de bonne qualité et elle a autorisé la population à la consommer. A Kulee, elle a effectué un forage et installé une pompe qui fournira de l’eau à 1000 personnes. « Aujourd’hui, nous forons à Desa Tu à une profondeur de 100 mètres, mais cela ne donne rien, affirme Christian. Pour l’instant, seul le village de Lancang est alimenté en eau par forage".

Le forage repose sur une ensemble de techniques pointues : « Il est difficile d’entreprendre des forages dans le district de Pidie. Le contexte géologique est varié, avec de nombreuses nappes phréatiques salées et non salées qui se superposent sans continuité facilement identifiable, explique Christian. Le forage nécessite également une préparation logistique lourde. Enfin Christian souligne les difficultés à se coordonner avec les autorités indonésiennes : « La situation évolue très rapidement. Alors que nous procédions à des forages à Pantai Raja - qui se sont avérés négatifs car l’eau y est trop salée -, nous avons appris que la PDAM développait un réseau dans le village. » L’équipe eau et assainissement envisage donc d’installer un petit raccordement pour relier le camp au réseau de la Compagnie nationale.

Gilles Lordet


   
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