Indonésie

L’eau : vers des solutions durables
le 11 octobre 2006
La Croix-Rouge française mettra fin à son programme de distribution d’eau par camion en novembre prochain. Elle a déjà réduit cette activité de moitié en fermant une de ses deux stations de traitement d’eau en juillet dernier. Plus de 25 000 personnes ont bénéficié du passage quotidien des camions d’eau depuis janvier 2005. Aujourd’hui encore, elle en distribue à plus de 8 000 personnes. En remplacement, l’équipe eau et assainissement met en place des solutions d’approvisionnement durables.

Pompe pour alimenter le camp de Meunasah Raya - 17.5 ko
Pompe pour alimenter le camp de Meunasah Raya
©/CRF
 
Nurdin et Seandya sont généreux. Ce couple de quinquagénaires a accepté que la Croix-Rouge française raccorde leur puits pour alimenter les quinze familles relogées dans un camp situé à 50 mètres de leur maison, dans le village de Meunasah Raya : « Nous connaissons la situation des déplacés. Nous aussi, nous sommes des victimes du tsunami. Nous avons dû quitter notre maison pour venir vivre ici. Une partie de notre famille habite dans ce camp », explique Nurdin. Sa femme ajoute : « Souvent, des gens du camp viennent demander s’ils peuvent puiser de l’eau pour se laver et laver leur linge. Je leur dis : allez y, cela ne nous dérange pas. » Les installations sont constituées d’un tuyau en PVC qui descend dans le puits, d’une pompe électrique et d’une canalisation qui amènent l’eau dans deux tanks installés devant le camp. « Dans ce cas, le travail est assez simple, explique Christian Tiberghien, délégué eau et assainissement. Mais les solutions que nous apportons varient selon les contextes. » Le programme que mène la Croix-Rouge
 
M. Ismael au travail, Kampung Cot - 9.7 ko
M. Ismael au travail, Kampung Cot
©/CRF
depuis six mois consiste à trouver des solutions d’apprivoisement en eau sur place, comme un puit, un forage ou un raccordement au réseau national (PDAM) : « Ces solutions doivent être durables et remplacer, pour ceux qui ont encore besoin, la distribution d’eau par camion que nous arrêterons en novembre prochain. » Ce désengagement n’est pas mené en aveugle. Pendant plusieurs mois, la Croix-Rouge française a mené une étude sur 40 camps temporaires (« baraks ») et a décidé de continuer son intervention sur 12 sites où l’eau pose des problèmes sanitaires.

Approche communautaire

Technicien de la CRF devant un puits - 10.5 ko
Technicien de la CRF devant un puits
©/CRF
 
La Croix-Rouge implique entièrement les communautés dans la recherche de solutions à apporter et dans leur application, une approche qui responsabilise les bénéficiaires sur les installations mises en place. Aujourd’hui (jeudi 5 octobre), Rita et Yus, deux délégués pour le développement communautaire, se rendent à Kampung Cot pour une quatrième réunion avec les bénéficiaires. « Nous avons annoncé la fin de la distribution d’eau par camion il y a trois semaines, ce qui a engagé une discussion sur les solutions de remplacement, explique Rita. Nous nous sommes mis d’accord sur le forage et le raccordement à deux tanks d’eau. » Le forage a été fait par la Croix-Rouge norvégienne il y a un mois, les bénéficiaires effectueront les travaux de plomberie eux-mêmes. Au cours de la réunion, les villageois définissent en effet l’équipe qui sera chargée des raccordements et de l’installation des tanks : « M Ismaël, qui est ouvrier en bâtiment, a été désigné par ses voisins pour gérer les travaux, affirme Yus après les discussions. Il est d’accord. Un comité de maintenance dirigé par le chef du village a également été mis en place pour assurer le suivi après le désengagement total de la Croix-Rouge française. » La Croix-Rouge sert de facilitateur. De cette façon, les bénéficiaires s’approprient le projet et les chances sont plus grandes pour que la maintenance soit assurée convenablement une fois que les humanitaires seront partis.

Le programme dans son ensemble

« Jusqu’à maintenant, nous avons effectué deux connections au réseau national (« PDAM »), affirme Christian. Mais la qualité du service de la PDAM est médiocre. L’eau n’est pas de bonne qualité ; l’alimentation est inégale. Dans l’un des deux camps, les déplacés ont percé des trous dans les canalisations pour venir puiser l’eau directement. Nous sommes en train de retravailler ces problèmes avec la compagnie des eaux nationale. Nous prévoyons également un accord avec la Coopération italienne pour alimenter 6 autres villages. Nous n’avons pas d’autre choix, les forages que nous avons entrepris avec la Croix-Rouge norvégienne sont tous salés ou secs et les puits traditionnels sont eux aussi salés. »

Forage à Kampung Cot - 13.1 ko
Forage à Kampung Cot
©/CRF
 
En coopération avec sa société soeur, la Croix-Rouge française a également procédé à des forages sur 8 sites. 5 forages sont positifs : pas d’eau salée, pas de trace d’arsenic : « Nous effectuons aussi des travaux sur des puits traditionnels peu profonds (réhabilitation, raccordement), précise Christian. Six sur onze sont terminés. » Ces installations seront durables pour la grande majorité d’entre elles, car les camps auxquels elles profitent se trouvent le plus souvent au milieu des villages détruits par le tsunami et en cours de reconstruction. En tout, le programme concerne 15 000 bénéficiaires, aussi bien des déplacés dans des camps que des gens déjà revenus dans leurs villages.

Gilles Lordet


   
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