Indonésie

Une page se tourne
le 27 octobre 2006
Deux ans après le Tsunami, les camps de déplacés ferment peu à peu, les bénéficiaires rentrent dans leurs villages et les besoins humanitaires commencent à décroître. La Croix-Rouge française se retire progressivement de la province d’Aceh. Plusieurs programmes sont déjà en cours de clôture : dans un mois, la dernière station de traitement sera démontée, ce qui mettra fin à la distribution d’eau par camion. En décembre, les projets économiques devraient également être clôturés. L’année 2007 sera consacrée à l’achèvement des programmes de reconstruction, à l’aide au retour dans les villages et au suivi d’impact des projets mis en place dernièrement.

La province d’Aceh retrouve un visage humain

Famille devant sa nouvelle maison - 5.3 ko
Famille devant sa nouvelle maison
©/CRF
 
Qui se rend à Aceh aujourd’hui ne peut qu’être surpris par le nombre de chantiers de construction : maisons, commerces, bureaux, infrastructures..., le bâtiment est en plein essor. Particulièrement touchée par le tsunami, Meulaboh, sur la côte est, redevient une ville agréable : le quartier du marché a ressuscité. Les rues sont animées, les petits commerces fleurissent. La capitale provinciale, Banda Aceh, rêve de s’ouvrir au tourisme ; la mairie a autorisé la construction de plusieurs grands hôtels. Et la paix semble durablement s’installer après près de 30 ans de guerre civile. En décembre, se tiendront les premières élections régionales depuis une dizaine d’années. Aceh ouvre un nouveau chapitre de son histoire.

La mission Croix-Rouge française en Indonésie « tient ses engagements », estime Jean-Arnaud, le chef de la mission en Indonésie. Nous respectons notre calendrier et notre budget. 2008 doit être la dernière année de notre présence à Aceh dans le cadre des opérations tsunami. Le logement est sûrement une des activités les plus difficiles de l’humanitaire ». « Les familles retrouvent une vie normale et les besoins humanitaires diminuent, ce qui explique le retrait progressif de nos équipes, poursuit le chef de mission. Sur certains secteurs, nous passons le témoin aux bénéficiaires en implantant des programmes durables qui une fois mis en mis en place n’exigent plus notre présence. » Toutefois, la Croix-Rouge « n’écarte pas la possibilité de lancer de nouveaux projets de reconstruction de maisons si des besoins sont identifiés en cours d’année. S’il demeure des manques importants, nous nous devrons d’agir. »

Dernière ligne droite

Discussion de chantier avec la population - 8 ko
Discussion de chantier avec la population
©/CRF
 
Sur toutes les bases, que ce soit à Meulaboh, à Sigli, à Gunung Sitoli, chef-lieu de l’île de Nias, la Croix-Rouge française participe à l’effort collectif par de nombreux programmes de reconstruction et de réhabilitation. A Meulaboh, 18 centres de soins seront achevés au cours du premier semestre 2007. A la fin de la même année, la base de Sigli aura mené à bien son chantier de 317 maisons dont 80 sont déjà construites et 73 bientôt finies. Les 5 centres de soins qu’elle s’était engagée à construire dans la région de Bireun ont été délivrés aux autorités et sont maintenant ouverts. 5 autres A Sigli, 5 autres centres seront remis au ministère de la Santé en novembre. La Croix-Rouge commencera ensuite la réhabilitation de 5 écoles dans cette même ville.

Sur l’île de Nias, les programmes de reconstruction de 6 marchés et de 3 écoles arriveront à terme mi-2007. La Croix-Rouge s’est également associée à plusieurs ONG, principalement Architecte de l’Urgence, Atlas Logistique et Cardi, pour des projets de reconstruction ou de restauration de bassins piscicoles qui tous seront terminés en décembre prochain.

Eau et assainissement

Tank à eau relié à un forage  - 10.8 ko
Tank à eau relié à un forage
©/CRF
 
Aux abords des grandes villes et sur la côte, le paysage change profondément : les camps de déplacés se vident peu à peu et les familles regagnent leurs villages. A Sigli par exemple, les camps sous tentes ont totalement disparu et on estime que moins de 15.000 personnes vivent encore dans des « barracks », ces camps en bois construits par le gouvernement après la catastrophe, soit 60% de moins qu’il y a un an.

La Croix-Rouge française concentre son aide sur les villages de retour. A Meulaboh, l’équipe améliore les conditions d’accès à l’eau pour 3 000 bénéficiaires dans trois villages reconstruits. A Sigli, elle mène un programme similaire (15.000 bénéficiaires) qui doit continuer en janvier prochain à Benteng et Blang Paseh, les deux quartiers de Sigli reconstruits par la Croix-Rouge française.
 
habitante du village de Cot Jajah - 8.8 ko
habitante du village de Cot Jajah
©/CRF
Ces deux actions doivent apporter des solutions durables aux bénéficiaires. Dans ces deux villes, les équipes eau et assainissement améliorent l’accès à l’eau propre et les conditions d’hygiène.

La Croix-Rouge ne s’interdit toutefois pas d’intervenir dans plusieurs camps de déplacés qui seront encore occupés pendant plusieurs mois : l’équipe de Sigli est active dans 11 camps pour réhabiliter les infrastructures d’assainissement et assurer l’accès à l’eau propre après la fin de la distribution par camion, prévue en novembre.

Aide économique et soutien institutionnel

Sigli, la fabrique de pain - 9 ko
Sigli, la fabrique de pain
©/CRF
 
Les derniers programmes de relance économique arrivent à terme également. Au cours de l’année 2006, ces programmes ont été nombreux et d’envergures différentes. Mais dans cette partie du monde, les micro-projets ont un impact considérable sur la vie locale. Ainsi, dans la zone de Lampulo, à Banda Aceh, la Croix-Rouge française a aidé 10 ouvriers portuaires, 27 revendeurs et 20 pâtissières à retrouver leur travail. A Sigli, 400 femmes artisans, fabricantes de chips traditionnelles (krupuk) et tisseuses de nattes (tikar) sont de nouveau à pied d’œuvre, grâce à une aide financière et matérielle. De même, onze personnes sont sur le point de retrouver leur fabrique de pain. L’association a aussi relancé l’activité de 50 pêcheurs au carrelet (jermail), une activité traditionnelle de la province.

Gilles Lordet, délégué info régional


   
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