Indonésie

Retour à la maison
le 20 novembre 2006
A Blang Paseh, un des quartiers de Sigli reconstruits par la Croix-Rouge française, cent nouvelles maisons arrivent à terme. Les familles emménagement au fur et à mesure que les travaux se terminent. Dans le quartier voisin de Benteng, la reconstruction s’achèvera dans quelques semaines. La Croix-Rouge française s’est engagée à livrer 317 maisons au total dans cette zone qui fut la plus touchée par le Tsunami.

Nasar et sa famille devant leur nouvelle maison - 11.2 ko
Nasar et sa famille devant leur nouvelle maison
©/CRF
 
Début novembre, Nasar, Gema, sa fille de 8 ans, et son fils, un jeune adolescent de 14 ans, ont emménagé dans leur nouvelle maison. Ce père qui a perdu un fils et sa femme lors du tsunami, a vécu seul pendant près d’un an chez sa belle-sœur : « J’ai habité dans ces deux pièces avec les meubles et l’équipement que j’ai pu récupérer en fouillant les décombres : une chaîne hi fi, une armoire, une table, des vêtements, etc. Mes deux enfants, eux, vivaient avec une de leurs tantes, à une dizaine de mètres d’ici. » Les familles ne s’éloignent jamais beaucoup en Indonésie et il est fréquent de trouver dans même quartier les oncles, les tantes, les cousins et petits cousins, une famille entière sur deux ou trois générations.

Les travaux touchent à leur fin - 7.6 ko
Les travaux touchent à leur fin
©/CRF
 
La deuxième tranche des 100 maisons reconstruites par la Croix-Rouge française à Sigli arrive à terme et les bénéficiaires rentrent dans les murs les uns après les autres. Le quartier de Blang Paseh a changé de physionomie. Dominent maintenant de nouveaux pavillons jaunes, oranges et verts sur ce qui a été pendant deux ans un champ de ruines. « Je suis content de rentrer dans une nouvelle maison. Elle est belle. J’en ai choisi la couleur. Pour nous, une vie nouvelle va commencer. Je veux penser à l’avenir. » Nasar espère rouvrir le petit restaurant de quartier qu’il tenait dans la rue : « Il faudra que je rachète des tables, des chaises, des ustensiles de cuisin, mais je n’ai pas encore les moyens. »

La famille Arun s’installe A quelques mètres de là, dans une ruelle parallèle, une famille emménage. Arun, sa femme Marda et leurs trois enfants ont habité un logement de fortune devant leur ancien terrain pour suivre les travaux. « Avant, nous habitions le camps de déplacés. Mais dès que nous avons appris que les travaux de notre maison commençaient, nous sommes venus nous installer ici, devant le chantier. »

Comme la plupart des habitants de Blang Paseh, les Arun sont des gens modestes. Arun fait des petits boulots à droite et à gauche. En ce moment, il est gardien d’entrepôt, parfois il va à la pêche, il sert de main-d’œuvre pour la culture du sel ou participe à des chantiers de reconstruction. « Je suis un ouvrier et je gagne juste assez pour faire vivre ma famille. » La famille n’a pu sauver que quelques meubles. Reste une vieille armoire qu’Arun met dans la chambre avec l’aide de plusieurs voisins. Une table de salon rehaussée d’un napperon, c’est la première chose qu’elle a installée chez elle pour recevoir. Marda a également posé un tapis de sol récupéré chez de la famille défunte. Des rideaux ont été pendus aux fenêtres : « On veut que cela soit douillet, explique-t-elle Après les fêtes de fin de Ramadan, mon mari commencera a aménager une cuisine. »

Déménagement avec l’aide des voisins - 8.2 ko
Déménagement avec l’aide des voisins
©/CRF
 
Tous ont encore en tête le tsunami et une certaine appréhension de la mer. « Nous n’aurions pas pu vivre ailleurs. Nous sommes très heureux de rentrer dans notre nouvelle maison. Cela met un peu le tsunami dans le passé. Nous pouvons enfin être en famille et donner une vie normale à nos enfants. Pour moi, c’est la seule chose importante : qu’ils grandissent dans un cadre convenable et deviennent des adultes responsables. »

Gilles Lordet, Indonésie


   
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