Maldives

L’intégration communautaire, priorité numéro un
le 4 décembre 2006
Quatre-vingt nouvelles habitations ont émergé sur l’île de Gan. Autant de familles qui, deux ans après le tsunami, ont retrouvé un toit. Elles constituent le premier tronçon du futur village. La Croix-Rouge française a revu provisoirement à la baisse son programme de reconstruction. Elle doit en effet poursuivre les opérations de recensement des victimes du tsunami, en coopération avec le gouvernement et l’agence HIRU chargée de la reconstruction dans le pays.

Village en reconstruction sur l’île de Gan - 13.2 ko

Village en reconstruction sur l’île de Gan
©/CRF

La Croix-Rouge française mène un projet sur l’île de Gan (atoll de Laamu) dans le cadre du plan national de reconstruction. Cette île - la plus grande de l’archipel, a accueilli les populations déplacées suite à la destruction de leur maison et de leurs biens. Gan compte environ deux mille cinq cents habitants qui vivent essentiellement de la pêche et de l’agriculture. Trois communautés différentes y cohabitent - les Thundi, Mukurimagu et Mathimaradhoo - auxquelles va venir s’ajouter une quatrième communauté grâce au projet de la Croix-Rouge française. Au total, ses programmes viendront en aide à près de 85 000 personnes.

Premier lot de maisons en cours d’achèvement - 65.2 ko
Premier lot de maisons en cours d’achèvement
©/CRF
 

A ce jour, 250 familles ont pu être clairement identifiées et seront relogées d’ici à juin 2007 sur Gan et la petite île voisine de Mundhoo. En décembre, 80 familles seront relogées lors de la livraison des premières habitations. Le processus d’identification a débuté en février 2006 et se poursuivra encore l’an prochain. Il faut souligner la difficulté à identifier les victimes du tsunami aux Maldives. Le pays étant constitué uniquement de petites îles, de nombreuses familles se sont éparpillées. De plus, certaines personnes logées dans des abris temporaires ne sont pas toutes éligibles. Sont éligibles les personnes propriétaires d’un logement sur une île affectée par le tsunami (liste validée par le gouvernement Maldives le 10 juillet 2006) et ne bénéficiant pas du soutien d’une autre organisation ou gouvernemental. En plus de travail de recensement, les délégués de la Croix-Rouge doivent connaître précisément la taille réelle de chaque famille à reloger, afin d’adapter la superficie des maisons. Certaines familles comptent jusqu’à 23 membres ! Pour elles, il faudra prévoir trois habitations.

Maison prête à accueillir les premiers bénéficiaires - 6.6 ko
Maison prête à accueillir les premiers bénéficiaires
©/CRF
 
La Croix-Rouge française travaille dans un contexte particulier, où le gouvernement a élaboré une politique de relogement basée sur deux critères : premièrement, les personnes bénéficiaires doivent être des victimes directes du tsunami, dont les maisons ont été détruites ou endommagées ; deuxièmement, elles doivent contribuer au programme « safe islands », autrement dit « îles sûres » (par opposition aux îles considérées « à risque »). Or, les nouveaux partis d’opposition dénoncent une politique de relogement forcé. Ce contexte met parfois la Croix-Rouge française dans une situation inconfortable vis-à-vis de communautés qui peuvent se méprendre sur sa mission.

Une approche intégrée La mission a choisi d’avoir une approche intégrée, c’est-à-dire de se concentrer sur un nombre de bénéficiaires défini, voire « limité », et de décliner la logique de l’aide humanitaire en post-urgence comme suit : des camps de déplacés à la reconstruction, de la reconstruction à la relance économique et à l’intégration communautaire. Cette intégration communautaire est jugée prioritaire pour mener à bien le projet de Gan. Qui dit intégration communautaire dit mise en place de structures communautaires. En plus de la reconstruction de maisons, plusieurs chantiers importants vont débuter en janvier : l’extension et l’équipement de l’hôpital régional, la construction de routes, l’électrification du village, la création d’un centre communautaire et d’écoles (primaire, maternelles, lycée professionnel). Les appels d’offre ont été lancés pour l’hôpital, une école et le centre communautaire.

Contexte La Croix-Rouge française est présente aux Maldives depuis février 2005, suite au tsunami qui a fait 108 morts, 1 313 blessés et 12 000 personnes déplacées. Neuf îles ont été complètement inondées et 13 autres évacuées. De nombreuses infrastructures publiques ont été détruites, le tourisme et la pêche, principales sources de revenu du pays, sévèrement affectés. On estime le montant total des pertes causées par le tsunami à 470 Millions de dollars USD (soit 62% du PIB).

GD


   
Recherche   
 
Articles précédents
 
   
 
 
Bilan des actions, 4 ans après
 
Pour tout savoir sur les actions et les projets de la Croix-Rouge française, 4 ans après le tsunami, cliquez ici