Sri Lanka

On allume la lampe
le 7 décembre 2006

Bilan opérationnel après deux ans d’activité

40 Programmes en cours & programmes clôturés, pour 255 000 personnes.

Activités :
-   Santé : un centre de soins primaires , intervention urgence méningite, éducation à la santé dans plusieurs centres de santé, soutien psychologique.

-   deux programmes de reconstruction dont un centre de santé, un centre pour personnes âgées, Environ 65 000 personnes concernées.

-   1 600 maisons (700 terminées). Environ 8 000 personnes concernées.

-   18 programmes Eau & assainissement : dont production et distribution d’eau, nettoyage de 2 300 puits, construction de latrines et promotion à l’hygiène dans six camps de déplacés, construction d’un canal de drainage. Environ 126 000 personnes.

-   quatre projets de relance économique : dont soutien aux pêcheurs, formation aux métiers du bâtiment. Environ 40 000 personnes concernées.

 
Tout le village danse - 36.9 ko
Tout le village danse
©/CRF
« On allume la lampe pour commencer une nouvelle vie » Le 24 novembre 2006 La Croix-Rouge française construit ou finance la construction de 1600 maisons au Sri Lanka. 600 ont déjà été livrées. Aux alentours de Galle, dans le sud de l’île, et d’Ampara, à l’est, la construction au Sri Lanka bat son plein. Le 30 septembre dernier, dans le village de Mirissa, la remise des clés et des actes de propriété d’une vingtaine de maisons a été l’occasion d’une cérémonie haute en couleurs et tout en émotion.

« On allume la lampe pour commencer une nouvelle vie » dit Mme Chandrani en soufflant légèrement sur la veilleuse. A 9 h 45 précises, la cérémonie d’inauguration des nouvelles maisons commence. L’horaire, déterminé par les astrologues comme l’heure la plus propice, ne souffrirait aucun retard. Les visiteurs et officiels, ponctuels, sont accueillis par les danses des enfants du village, au son enivrant des tambours. Environ 200 personnes assistent à cette cérémonie.
La famille Chandrani dans sa nouvelle maison - 34.8 ko
La famille Chandrani dans sa nouvelle maison
©/CRF
 
Chaque famille - toutes victimes du tsunami - se voit remettre les clés et l’acte de propriété de sa nouvelle maison. Mme Chandrani et les siens en font partie. Elle montre fièrement sa nouvelle maison meublée. « Si vous saviez ce que représente ce jour pour moi. Je vais enfin pouvoir élever mes enfants. Avoir une maison, il n’y a rien de plus beau. C’est le plus beau jour de ma vie... avec le jour de mon mariage, bien sûr ».

Pour l’instant, elle fait la navette entre son ancienne maison - située au bord de l’océan -, le camp de déplacés où elle a vécu pendant près de deux ans - et son nouveau village, séparé de la mer par une colline et distant d’à peine un kilomètre de l’ancien village.

 
100 maisons sortent de terre - 36.8 ko
100 maisons sortent de terre
©/CRF
Sa maison fait partie des 730 maisons construites en partenariat avec SLRT (Southern Sri Lanka reconstruction Programme - Programme de reconstruction du sud Sri Lanka). « La construction en tant que telle n’a pas duré très longtemps. En six mois, on a pu arriver au niveau des finitions » se souvient Dominique Goybet, coordinatrice du projet pour SLRT,. « Avant tout, il a fallu négocier âprement pour le prix du terrain (les prix ayant sensiblement augmenté depuis le tsunami). Puis préparer le terrain. Ce terrain était une colline recouverte de jungle... Parallèlement, il a fallu s’assurer que les bénéficiaires étaient vraiment les bons. En effet, au Sri Lanka, il y a eu une certaine confusion concernant les listes de bénéficiaires. Dans la période post tsunami, certaines personnes se sont inscrites sur les listes de plusieurs projets d’ONG différentes. Nous avons tenu à vérifier chaque cas, un à un, et les recouper avec les listes gouvernementales. Ça a pris du temps mais nous ne le regrettons pas. » La définition de la « buffer zone » ou zone tampon a été un autre élément de ralentissement de la construction au Sri Lanka. La largeur de cette zone, initialement prévue à cent mètres, a été ramenée à 45 mètres selon le découpé et l’orientation du littoral. Beaucoup de familles sont donc revenues s’installer dans leur ancienne maison, redevenue officiellement habitable. Là encore, la prudence a permis d’économiser la construction de maisons qui n’auraient plus trouvé acquéreur ! Fin des travaux prévue : janvier 2007.

Une formation aux métiers du bâtiment

Parallèlement à la reconstruction, la Croix-Rouge finance des projets de formation pour redonner une activité économique à la couche la plus vulnérable de la société sri lankaise. Un des plus emblématiques est celui monté par Bioforce dans les métiers du bâtiment. Car il répond à la pénurie de main-d’oeuvre qualifiée dans un secteur très sollicité depuis le tsunami.
Des charpentiers formés pour la reconstruction - 43.1 ko
Des charpentiers formés pour la reconstruction
©/Imageo. F.Vigné
 
Il y a un an, Bioforce, acteur de référence dans le monde de l’humanitaire pour la qualité de ses formations, a proposé à la Croix-Rouge française de coopérer autour d’un projet de formation de jeunes sans qualification. Installé non loin de Galle, le centre de formation accueille soixante-dix jeunes - trente-cinq qui apprennent le métier de maçon, trente-cinq celui de charpentier. Durée de la formation : six mois, dont trois au Centre et trois sur chantier. M. Dakshitha, Président de la Chambre de Construction et d’Industrie et partenaire de l’opération, est fier du centre de formation : « Ces jeunes sont issus de familles très pauvres, durement affectées par le tsunami. L’industrie de la construction, qui a une très grosse responsabilité dans le développement du pays, manque cruellement de main-d’œuvre qualifiée. Le nombre incalculable de maisons, d’écoles, de centres de santé, de commerces, de routes à reconstruire a asséché la source d’ouvriers qualifiés dans le secteur. » Marie Léry, administratrice de Bioforce au Sri Lanka, précise qu’ « ici, les jeunes commencent généralement leur vie active sans aucune formation » mais que celle-ci est de plus en plus vécue comme une nécessité.
 
Un futur maçon - 19.4 ko
Un futur maçon
©/CRF
Le but de Bioforce, à moyen terme, est d’ouvrir deux autres centres avec la Croix-Rouge et trois autres dans le reste du pays. M. Dakshitha lui est encore plus ambitieux et aimerait pouvoir former rapidement deux mille jeunes. Et il compte sur un pays comme la France qui a, selon, lui, une véritable expertise dans les métiers du bâtiment et des travaux publics. Si Marie Léry ne peut s’engager sur le long terme, elle apprécie néanmoins la coopération avec la Croix-Rouge. « En plus de son soutien financier indispensable, la Croix-Rouge nous a appris à améliorer nos méthodes de travail. C’est peut-être plus contraignant mais avec cette procédure, on pense en permanence aux donateurs. On sait que c’est leur argent qu’on utilise et que c’est à eux qu’on rend des comptes. »

Tanguy Abittan


   
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