Thaïlande

Du soleil pour les enfants
le 7 décembre 2006
Le 29 novembre 2006 La Croix-Rouge française est arrivée dès les premiers jours qui ont suivi la catastrophe. Depuis deux ans, elle a mis en place des dispositifs de secours, de restauration de la vie des communautés et d’aide à l’enfance. Elle est ainsi un acteur humanitaire particulièrement présent dans le domaine de la reconstruction de structures d’accueil pour enfants, détruites par le tsunami. Enfin, elle participe activement au développement des capacités opérationnelles de la Croix-Rouge thaïlandaise, tant au niveau national que local.

Bilan opérationnel au terme de deux ans d’activité

22 projets dont 11 en cours, pour 305 000 personnes.

-   Structures de santé : trois ambulances pour les hôpitaux, mise en place d’un logiciel de gestion du don du sang au niveau national, programme de veille sanitaire dans les six provinces du sud très affectées par le tsunami.

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Le Village d’enfants en chantier - 35.9 ko
Le Village d’enfants en chantier
©/CRF
Assistance aux enfants : Une école en reconstruction, un Village d’enfants, le parrainage de scolarité de 97 enfants. Environ 260 personnes concernées

-   Construction : 18 maisons qui permettront de reloger environ 90 personnes

-   Dix projets de relance économique : 52 bateaux de pêche, filets de pêche, atelier de réparation de bateaux en fibre de verre, formation à l’écotourisme, formation et distribution de matériel de pâtisserie pour veuves de marins, formation de plongeurs. Environ 1600 personnes concernées

Aide à l’enfance

Le « Village du Soleil » pour orphelins

Comment recréer une vie de famille pour 144 enfants orphelins du tsunami ou en très grande précarité ? L’ONG thaïlandaise Child Watch n’a pas tardé à répondre à cette question en décidant de créer un « Village d’enfants ». Et la Croix-Rouge française a répondu à son appel pour la construction du Village.
Avec les futurs enfants du Village - 23.2 ko
Avec les futurs enfants du Village
©/CRF
 
« Cela nous a paru naturel de contribuer à ce magnifique projet car aucune aide ne peut être efficace si l’enfant est privé de foyer » explique Anne Bideau, chef de délégation de la Croix-Rouge française en Thaïlande. « Or, si les Thaïlandais ont une vision élargie de la famille et peuvent recueillir les orphelins, certaines familles n’ont vraiment pas les moyens de les élever décemment. Certains enfants n’ont d’ailleurs plus personne pour les aider. Ce lieu va leur permettre de reprendre une vie de famille indispensable à leur développement affectif et personnel. » Né en 1949, le concept de Village d’enfant repose sur quatre principes fondamentaux : les enfants sont intégrés dans une fratrie, composée de sept à dix garçons et filles d’âges différents ; ils ont une mère, qui devient leur personne de confiance pendant tout les années qu’ils passent dans le village. La « mère » vit avec ses enfants dans une maison individuelle. Ainsi, les enfants ont le sentiment de retrouver un véritable foyer. Enfin, le Village comprend plusieurs maisons familiales.

Malgré la saison des pluies, les travaux de structure sont maintenant terminés. Les murs des bâtiments devraient s’élever rapidement et le chantier devrait prendre fin en juin 2007. Le Village accueillera les premiers enfants dès l’été 2007.

Parrainage d’enfants à Phuket et à Krabi

Gena, la plus petite, a trois ans, Narangrit, le plus grand, en a seize. Ils habitent sur l’île de Phuket et sont orphelins du tsunami. Ils font partie de ces enfants que la Croix-Rouge française a décidé d’épauler, en parrainant leur scolarité.

Accompagner les orphelins dans leur scolarité - 70.4 ko

Accompagner les orphelins dans leur scolarité
©/Imageo F. Vigné
« Les familles qui ont recueilli ces enfants peuvent rarement prendre en charge leurs études » souligne Anne Bideau. Ainsi, en collaboration avec la Croix-Rouge thaïlandaise et le ministère de l’éducation, un dispositif de soutien a été mis en place pour ces familles afin de permettre à chacun de ces enfants d’aller à l’école jusqu’à la fin de leurs études. Au total, 97 enfants sont accompagnés par la Croix-Rouge française en Thaïlande, à Phuket et à Krabi.

Des projets pour consolider l’avenir

De nombreux projets visent à permettre aux victimes du tsunami de retrouver une activité économique durable : construction de bateaux de pêche, distribution de matériel de pêche, formations des veuves de marins aux métiers de la restauration, dotations de matériel en vue de l’ouverture de commerces, etc. Parmi ces projets, la formation ETC à l’écotourisme est emblématique à plus d’un titre.

« J’y arriverai »

Les stagiaires qui écoutent attentivement le professeur d’anglais n’avaient jusqu’ici aucune perspective professionnelle. Habitués aux emplois subalternes dans les stations balnéaires, ils ont pour la plupart perdu leur emploi à la suite du tsunami qui a ravagé la côte. Mais là, ils y croient. Car ils savent qu’à l’issue de cette formation de dix mois, ils seront des dive masters et pourront encadrer des groupes de plongeurs sous-marins. Les dive masters - ou maîtres de plongée - sont généralement des Occidentaux car le coût de la formation est prohibitif pour les Thaïlandais. Dans le cas de la formation ETC 2005/2006, la Croix-Rouge a pris en charge la totalité du coût pour les stagiaires. Dans un secteur aussi porteur que le tourisme, cette formation représente une vraie opportunité de développement économique pour ces stagiaires, leur famille, mais également pour la région tout entière.

En plein cours d’informatique - 33.3 ko

En plein cours d’informatique
©/CRF
M. Champ, qui a suivi la formation en 2005/2006 et qui est aujourd’hui instructeur de plongée est enthousiaste : « Cette formation m’a sauvé la vie. Que serais-je aujourd’hui ? Je n’avais rien sauf ma passion pour la plongée. Je vivais d’expédients. Aujourd’hui, je gagne bien ma vie et je peux enfin penser à fonder une famille. » La nouvelle session accueille une quinzaine de stagiaires tout aussi motivés. Le rythme des journées est soutenu et tourne autour de trois axes principaux : plongée, anglais et informatique. Pbum, qui a quitté l’école à douze ans, s’accroche. « Il y a des règles très strictes à respecter ici. Je dois me secouer pour y arriver. Mais ça en vaut vraiment la peine car je vais enfin avoir un métier, un avenir. » Sarah Krantz, qui assure les cours d’anglais, le confirme : « Une fois leur certificat de dive master en poche, certains envisagent de devenir instructeur, ce qui est une vraie progression professionnelle. Avec cette formation, ils apprennent à penser à l’avenir, ce qui n’est pas dans leur culture. Ils se sont d’ailleurs choisi un slogan : "I can do it ! J’y arriverai !".

Pour une gestion du don du sang plus efficace

Enfin, un projet de très grande envergure est également en cours : la mise en place, à l’échelon national, d’un logiciel de gestion de transfusion sanguine. En Thaïlande, la gestion du don du sang est sous la responsabilité de la Croix-Rouge. Pour lui permettre de mieux anticiper et de mieux gérer les besoins sur le territoire thaïlandais, notamment en cas de catastrophe naturelle, la Croix-Rouge française lui apporte un soutien financier, humain et logistique dans la mise en place d’un système informatique plus efficace.

Tanguy Abittan


   
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