Sri Lanka

La reconstruction s’accélère
le 7 juin 2007
Les programmes de reconstruction avancent à grand pas avec près de 800 chantiers en cours actuellement, dont 300 sont au stade de la finition. La Croix-Rouge française finance et supervise les travaux et assure un suivi budgétaire de chaque chantier. Ce travail de conseil et d’encadrement permet une meilleure coopération : les bénéficiaires restent maîtres de leur maison ; les volontaires, eux, contrôlent la qualité des constructions.

La renaissance de Kalmunai

Les délégués de la Croix-Rouge française et_M._Kalendar_sur_les_fondations_de_sa_maison - 30.4 ko

Les délégués de la Croix-Rouge française et_M._Kalendar_sur_les_fondations_de_sa_maison
©/CRF

Mohammed suit des yeux les allers et retours des camions venant verser leur chargement de terre. Un ballet incessant qui dure maintenant depuis une semaine : « Ce terrain est presque une lagune, explique-t-il. Il est trop humide et surtout inondable en saison des pluies. Nous le comblons avant de commencer les fondations. »C’est ici, à deux kilomètres de la côte, sur ce carré de 5 hectares, que la communauté dont Mohammed est un des dirigeants, veut venir vivre : « Toutes les familles qui habiteront lotissement sont des victimes du tsunami. Leurs maisons, comme la mienne, ont été rasées. Nous vivions sur le rivage à Kalmunaï. La vague nous a touchés de plein fouet. »Quelques mois après la catastrophe, les survivants ont commencé à se réunir et à chercher une solution pour vivre ailleurs : « Nous voulions quitter notre village car la politique du gouvernement nous interdisait de reconstruire sur la bande côtière. Beaucoup ne pouvaient d’ailleurs plus psychologiquement vivre au bord de la mer. » Il a fallu un an à ces 129 familles pour se mettre d’accord, trouver une solution commune et obtenir ce terrain : « Cela n’a pas été facile. Nous nous sommes réunis tous les jours. Mais enfin nous y voilà. » La phase de remblai sera terminée en juin. Cette communauté est soutenue par la Croix-Rouge française qui finance la création du nouveau village, des travaux de terrassement à la construction des maisons : « Nous leur avons proposé un modèle de maison standard, explique Stéphane Vengut, délégué en charge du suivi des chantiers au nord d’Ampara. Ils l’ont approuvé. En juin, nous formerons 60 maçons qui seront responsables de la direction des travaux. De cette façon, les choses avancent vite. Cette communauté est organisée et motivée et nous travaillons très bien ensemble. »

Un soutien financier et technique

Mme_Aicha_Bewi_devant_sa_maison_en_construction_a_Arungam_Bay - 33.5 ko

Mme_Aicha_Bewi_devant_sa_maison_en_construction_a_Arungam_Bay
©/CRF

Kalmunaï est l’un des derniers programmes de construction de la Croix-Rouge française à voir le jour. Il se distingue des autres projets car il aura la forme d’un lotissement. Dans les autres cas, les maisons sont dispersées dans des zones d’habitation différentes. Mais le mode d’intervention de la Croix-Rouge reste le même : « Notre méthode est originale et efficace, affirme Xavier Génot, chargé du suivi des chantiers à Pottuvil et à Arungam Bay. Nous attribuons à chaque bénéficiaire une somme forfaitaire, entre 450.000 et 1 million de roupies (3 000 à 6 700 euros) selon le cas, complétant l’aide du gouvernement : 250.000 Rp. Cette somme est allouée par tranches, pour s’assurer que les différentes étapes des travaux sont accomplies et respectent les prérogatives techniques, et que l’argent est bien utilisé. »

Suivi de chantiers

Chaque semaine, Xavier inspecte les chantiers un par un. Sur l’un des sites, il signale une charpente mal montée, sur un autre il recommande une ouverture dans une pièce aveugle.

Discussion_sur_les_plans_avec_un bénéficiaire - 27.7 ko

Discussion_sur_les_plans_avec_un bénéficiaire
©/CRF

Xavier explique à M. Kalendar, un bénéficiaire qui a acheté un terrain en zone inondable, qu’il ne touchera le prochain versement seulement s’il fait du remblai pour protéger les fondations. Dans l’ensemble toutefois les constructions sont de bonne qualité, estiment les deux délégués. « Certains ont parfois entrepris des travaux trop ambitieux et pourraient se retrouver à la fin incapables de terminer leur maison. Mais nous trouvons toujours une solution. Comme sur n’importe quel chantier, il faut être le plus présent possible et mener un suivi de chantier très rigoureux. C’est la clef. »

Un développement urbain normal

Mme Fadilah a commencé sa maison en janvier dernier : « J’ai travaillé comme un homme, défend cette veuve qui vit seule grâce à une petite échoppe de thé. Je ne pense pas avoir fait d’erreurs dans la gestion de l’argent. » En effet, elle a fait du bon travail : « Je lui ai demandé de terminer la pose des tuiles, affirme Xavier. Il restera ensuite la dalle et la finition. Elle a presque fini. Ce sera une belle maison ».

La_maison en cours d’achèvement de_Mme_Fadilah - 24.3 ko

La_maison en cours d’achèvement de_Mme_Fadilah
©/CRF

La visite des chantiers se termine dans un quartier situé près de Pottuvil, où six nouvelles habitations sont en construction. D’après Xavier, « le programme de reconstruction en financement direct donne un résultat très satisfaisant. Nous avons des maisons très différentes les unes des autres, selon la taille de la famille, son niveau social et culturel, les choix et les goûts des individus. Ce qui fait que nous sommes très proches du développement normal d’une zone d’habitation. »

Un contexte difficile

A la demande du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), la Croix-Rouge française intervient auprès des familles qui ont fui le conflit entre les rebelles tamouls (LTTE) et l’armée régulière sri lankaise. Suite à la bataille de Batticaloa, fin 2006, plus de 140.000 personnes ont fui vers la côte est, entre Ampara et Batticaloa. 13 000 personnes se trouvent toujours dans des camps dans la division de Kaluwamchikudy, tout près de la zone d’intervention de la Croix-Rouge française : « Le CICR nous a demandé des actions ponctuelles dans le domaine de l’eau et de l’assainissement pour 4 000 déplacés, affirme Juan Solchaga, chef de la sous-délégation d’Ampara. Nous avons nettoyé 40 puits, par exemple, construit une quinzaine de points d’eau et installé une soixantaine de poubelles. Ces actions sont destinées à maintenir une qualité de vie décente dans les camps de déplacés. »

Gilles Lordet, délégué régional


   
Recherche   
 
Articles précédents
 
   
 
 
Bilan des actions, 4 ans après
 
Pour tout savoir sur les actions et les projets de la Croix-Rouge française, 4 ans après le tsunami, cliquez ici