Indonésie

Des quartiers ressuscités
le 10 juillet 2007
Il y a un an et demi, c’étaient encore des terrains vagues gagnés par la végétation. Seules des fondations et des murs en ruine rappelaient ce qu’avaient été Benteng et Blang Paseh avant le tsunami. Commencé en novembre 2005, l’effort de reconstruction mené par la Croix-Rouge française a ressuscité ces deux quartiers de Sigli. 154 familles vivent maintenant dans des maisons neuves ; la dernière tranche de 77 maisons, démarrée en mai dernier, sera terminée en septembre prochain. L’équipe Croix-Rouge commence également le dernier volet de ce programme : la réhabilitation de 81 maisons endommagées.

Famille_devant_son_échoppe - 24 ko

Famille_devant_son_échoppe
©/CRF

315 maisons reconstruites, c’était l’objectif de la Croix-Rouge française en Indonésie. Il sera atteint en fin d’année. Benteng et Blang Paseh, les deux quartiers de Sigli pris en charge par l’association, ont totalement changé de physionomie. L’habitat s’est densifié. Les bénéficiaires entreprennent des agrandissements. Des magasins se sont ouverts. Peu de traces visibles rappellent le tsunami du 26 décembre 2004.

Un_chantier_en_cours_a_Benteng - 20.8 ko

Un_chantier_en_cours_a_Benteng
©/CRF

En mai dernier, 77 nouveaux chantiers ont été lancés. Certaines modifications ont été apportées pour améliorer l’habitat et mieux l’adapter à son environnement : « Nous surélevons les fondations quand un marigot est à proximité, précise Charles Aurouet, délégué reconstruction. Comme cela, ces maisons ne se retrouveront pas les pieds dans l’eau lors des fortes pluies. » Dans un troisième quartier, à Block Bengkel, la Croix-Rouge française construit sept autres maisons.

M._Edy_a_emmenage_dans_sa_maison_à_Benteng - 19 ko

M._Edy_a_emmenage_dans_sa_maison_à_Benteng
©/CRF

« C’est un peu particulier, ajoute le délégué Croix-Rouge. Comme nous n’avons pas assez d’espace, nous avons dû faire des maisons mitoyennes avec étage, très différentes du plan des maisons de Benteng et de Blang Paseh. » Selon Xavier Chanraud, coordinateur national construction, « la réhabilitation des 81 maisons restantes est en cours d’étude et celle de 5 écoles représenteront le dernier grand projet de l’équipe Croix-Rouge à Sigli. »

81 maisons endommagées

Une_allée_dans_le_quartier_de_Benteng - 13.5 ko

Une_allée_dans_le_quartier_de_Benteng
©/CRF

Pendant ce temps, Sébastien Saes, le second délégué reconstruction de Sigli, mène les entretiens individuels pour lancer la réhabilitation de 81 maisons endommagées : « Nous établissons un diagnostic par maison et nous définissons un budget de réparations. Une réhabilitation peut être totale, moyenne ou légère. Pour quelques personnes, il n’y a pas de solutions. Il faut raser et reconstruire. » L’équipe explique son analyse à chaque bénéficiaire et lui fait une proposition. Cela amène à des discussions avec la famille toute entière sur les travaux à entreprendre. Une famille préférerait qu’on ne refasse pas de plafond, mais qu’on se concentre sur le carrelage. Une autre discute des couleurs, du choix des matériaux, etc. : « Mais certaines choses ne sont pas négociables, souligne Sébastien. La structure, qui doit être solide et sûre, et les sanitaires, pour lesquelles nous avons dessiné un kit toilettes-cuisine quand elles doivent être totalement reconstruites. » Pour cette dernière phase du programme, la Croix-Rouge française donne la priorité aux familles qui habitent encore dans les camps de déplacés.

Assainissement et accès à l’eau

Un_maçon_travaille_sur_une_maison_à_Benteng - 17 ko

Un_maçon_travaille_sur_une_maison_à_Benteng
©/CRF

La Croix-Rouge française a également décidé d’améliorer l’accès à l’eau et les conditions d’assainissement des quartiers où elle est intervenue pour la reconstruction, et qui sont habités par près de 800 familles. « Notre objectif est d’assurer un accès à l’eau potable, soit 15 litres d’eau par personne et par jour, en mettant en place des installations sanitaires décentes et en initiant une gestion des déchets par quartier », déclare Olivier Hermann en charge du programme. Au début, l’idée était de connecter les quartiers au réseau national PDAM : « Mais nous nous sommes vite aperçus que cela ne sera pas possible avant 2008, continue Olivier. La PDAM est elle aussi en cours de réhabilitation. Pour l’instant, nous cherchons plutôt des solutions semi permanentes, soit à partir de forages, soit à partir de puits de surface privés de bonne qualité. » Pour ce projet, la Croix-Rouge française a mené une campagne sur les ressources en eau auprès de chaque habitant : « L’objectif était de comprendre les habitudes de la population et d’identifier les sources d’eau potables existantes. »

Lits de roseaux

Pour assurer de bonnes conditions sanitaires dans les quartiers, la Croix-Rouge française cherche à promouvoir une solution écologique : des stations d’épuration sur lit de roseaux. Il s’agit de faire traiter les eaux usées d’une maison par un massif de vétivers (du roseau, en France). Les plantes absorbent et épurent les boues issues des toilettes, de la salle de bains et de la cuisine. « Les gens ont l’habitude d’installer de simples puits d’infiltration, explique Olivier. Ils pensent que c’est suffisant. En réalité, dans un telle topographie, l’impact sur l’environnement est terrible. » Cinq installations-pilotes ont déjà été construites. Elles suscitent une certaine curiosité parmi les riverains : « C’est la solution idéale dans un zone à forte densité urbaine, avec une nappe phréatique très haute. Nous diminuons fortement les rejets dans la nature. Notre objectif est d’en faire une centaine, au moins. C’est une idée nouvelle ici et il faut du temps pour convaincre. »

Gilles Lordet, délégué régional


   
Recherche   
 
Articles précédents
 
   
 
 
Bilan des actions, 4 ans après
 
Pour tout savoir sur les actions et les projets de la Croix-Rouge française, 4 ans après le tsunami, cliquez ici