Indonésie

Fermeture de la base de Meulaboh
le 16 juillet 2007
Aurélien Beyeklian, chef de la sous-délégation de Meulaboh, en Indonésie, a fermé la porte à clé de la mission, fin juin. Le désengagement de la Croix-Rouge française s’est fait progressivement au cours des six derniers mois. Aujourd’hui, la ville a retrouvé son dynamisme d’avant le tsunami. Les embouteillages, le grouillement des commerçants, attestent de ce retour à la vie. Entretien.

Quand la Croix-Rouge française m’a envoyé à Meulaboh il y a un an, c’était avec l’objectif de mener les programmes à leur terme, jusqu’à la fermeture de la base. Nous avons tout de suite diminué la présence du personnel expatrié, envoyé sur d’autres bases, pour le remplacer par du personnel national. Seul un expatrié, le chef de projet eau et assainissement, et un coordinateur de base, sont restés sur place.

Un quartier totalement réhabilité - 12.8 ko

Un quartier totalement réhabilité
©/CRF

La réduction des effectifs a commencé à partir de novembre 2006. Réduire les effectifs est une entreprise toujours un peu délicate car il faut procéder en fonction de la diminution de l’activité des programmes, sans en entraver le bon déroulement par des réductions trop rapides ou mal pensées. Cela demande beaucoup d’anticipation. En collaboration avec la direction des relations et des opérations internationales de la Croix-Rouge française et le chef de mission, nous avons rédigé un plan de désengagement prenant en compte tous les aspects de la fermeture de la base de Meulaboh (ressources humaines et logistiques, programmes), explique Aurélien. La rédaction de ce plan m’a permis de faire le bilan sur ce qui a avait été accompli et ce qui restait à faire et de mettre noir sur blanc les étapes à respecter. Fermer une base ne se fait pas du jour au lendemain.

Assurer la relève et aider le personnel à retrouver un emploi

Avant de fermer les portes de la base, nous nous sommes assurés que nos employés indonésiens aient un emploi et qu’il règne une bonne ambiance de travail jusqu’à la fermeture définitive de la mission. Ce dernier point est peut-être le moins facile. Nous avons donc préparé leur départ et les avons soutenus pendant toute la période de leur recherche d’emploi. Pour ce faire, nous avons défini une politique de réorientation que nous avons mise en œuvre à partir de janvier. Pour ce faire, nous avons aménagé des plages horaires réservées à des entretiens individuels, en laissant l’initiative aux employés. Nous faisions ensemble un bilan professionnel sur les aspects positifs et négatifs de leur travail. Dès février, tout le personnel était informé clairement de la future fermeture de la base. Lors de la dernière étape, nous avons mis en relation le personnel avec d’autres organisations par des mails collectifs ou individuels annonçant la disponibilité de tel ou tel employé. Nous avons servis d’intermédiaires en quelque sorte avec leur futur employeur et les résultats ont été très encourageants.

Conserver une bonne ambiance de travail

Sur 25 employés, il n’y a eu qu’une seule démission entre janvier et juin 2007 et la personne nous avait prévenu plus de 2 mois à l’avance. Tout le monde est resté motivé jusqu’au bout. C’est souvent le contraire : quand un bureau ferme, le personnel à tendance, et c’est bien naturel, à chercher du travail ailleurs et à partir dès qu’il le peut. Cette tendance a des conséquences sur les activités, le fonctionnement interne et rend la fermeture d’une base chaotique. Notre message a toujours été positif : « La fermeture de la base n’est pas une fin en soi, mais représente un nouveau départ professionnel avec de nouveaux défis et de nouvelles perspectives pour chacun d’entre nous, moi y compris ».

A ce jour, dix anciens employés ont été reclassés sur la base de la Croix-Rouge française à Blang Pidie, deux sur celle de Nias, un à la Croix-Rouge norvégienne, un à ADRA, deux à l’Unicef, trois ont repris leurs études, deux ont repris un travail dans le civil et six sont actuellement en contact avec différentes organisations sur Meulaboh.

Le dernier projet mené par la Croix-Rouge française s’est achevé en mai dernier. Il s’agissait d’un programme eau et assainissement. Les délégués ont formé la population afin qu’elle sache progressivement gérer elle-même son réseau. Ce sont les bénéficiaires eux-mêmes qui ont participé au design de leur système d’approvisionnement en eau, creusé le sol et installé leur réseau jusqu’à sa mise en eau. Grâce à cette implication communautaire totale, les habitants sont aujourd’hui en mesure de réparer leur réseau eux-mêmes en cas de problème. C’est sans aucun doute la grande réussite de ce programme.

Gilles Lordet


   
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