Sri Lanka

Revivre, près ou loin de la mer...
le 29 novembre 2007
La Croix-Rouge française est au milieu de son programme de reconstruction au Sri Lanka. Plus de 1 100 habitations ont déjà été bâties, dont plus de 200 sur la côte Est du pays, où les familles emménagent les unes après les autres, retrouvant à la fois un toit, une vie sociale, mais aussi leurs racines et leur dignité.

Amidu Pelle - 11.1 ko

Amidu Pelle
©/CRF

Mustafa est casseur de pierres à Arungam Bay, sur la côte est du Sri Lanka : « Je casse de pierres pour le terrassement des routes ou des maisons. Il y a beaucoup de travail en ce moment ». Ce père de quatre enfants vit avec sa famille dans un abri temporaire fourni par le Haut - Commissariat aux réfugiés des Nations-Unies. Il termine la reconstruction de sa maison, financée par la Croix-Rouge française, là même où il vivait avant le tsunami, à une centaine de mètres du bord de la mer. La Croix-Rouge française procède en financement direct, autrement dit, elle fournit le budget nécessaire aux bénéficiaires. A eux d’employer les artisans et de diriger les travaux. « Nous suivons les chantiers, contrôlons les plans, et aidons les familles à gérer leur budget, précise Marhoof, un des assistants techniques de la Croix-Rouge française. L’argent est donné par tranches, ce qui nous permet de contrôler le bon déroulement des travaux et la bonne utilisation des fonds. » Les bénéficiaires construisent ensuite leur maison à leur goût. Celle de Mustafa avance bien : « Avec mon travail, je n’aurais jamais pu reconstruire une maison de cette qualité. C’est inespéré. » Les gens sont souvent très attachés à leur ancien village et à leur ancienne maison dont ils ont en général hérité de leurs parents. Propriétaires de leur terrain, beaucoup ont refusé de l’abandonner pour partir vivre ailleurs, à l’instar de Shali. Chauffeur de rick-shaw (petit taxi), il n’aurait jamais pu reconstruire sa maison avec ses maigres revenus (entre 200 ou 300 Roupies (2 à 3 euros) par jour). Même s’il craint encore un peu la mer, il a tenu à revenir dans son village, situé près de la plage : « J’aime cet endroit. J’ai hérité de mon ancienne maison de mon père. Je ne me vois pas vivre ailleurs. » Shali vient de recevoir le dernier versement de la Croix-Rouge français, ce qui lui permet d’entreprendre les travaux de toiture de sa maison.

Retrouver une vraie vie de famille

A Pottuvil, au nord d’Arungam Bay, Amidu Pelle est heureux, entouré de sa femme, de son fils et de ses 4 petits-fils. Toute la famille est réunie sous un même toit depuis un mois.

La famille d’Amidu Pelle, SL - 46.9 ko

La famille d’Amidu Pelle, SL
©/CRF

« Je suis très content. Le plus difficile maintenant, c’est de retrouver du travail. Mon fils est charpentier ; il a perdu tous ses outils dans le tsunami mais il donne des coups de main à droite et à gauche. Nous nous contentons de peu. Nous ensemble sous un même toit, c’est le principal. » Son voisin vient d’emménager il y a quelques jours après avoir, lui aussi, bénéficié du programme de financement de la Croix-Rouge française : il a installé le premier meuble de sa maison : une vitrine accrochée sur un des murs du salon qui contient toute la vaisselle de la famille, exposée comme la richesse principale du foyer. C’est un début. La maison redonne leur dignité à ces familles. Terminée l’insalubrité et la chaleur suffocante des abris temporaires. Chacun peut maintenant faire des projets.

Les blessures encore vives du tsunami

A Pottuvil, Risida Banu et sa famille ont emménagé il y a quelques mois déjà leur nouvelle maison, construite sur un terrain acheté avec l’aide du gouvernement. Les murs sont peints en bleu ; les enfants jouent aux osselets. Il y a de la vie dans cette maison.

La maison de Risida Banu - 50.9 ko

La maison de Risida Banu
©/CRF

Depuis la mort de sa mère dans le tsunami, Risida est le chef de famille. « Nous ne voulons pas revenir en bord de mer. Nous sommes bien ici. » La maison est à peu près à 2 km de la plage. Elle pense encore tous les jours au tsunami. Son angoisse est palpable : « Après la catastrophe, j’ai souffert de beaucoup de stress. Ma mère a été tuée par la vague et j’ai perdu mon premier enfant. Mon mari était à Dubaï [Arabie Saoudite]. Il nous a rejoints, depuis. J’ai été à l’hôpital psychiatrique pendant deux mois. »

Gilles Lordet


   
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