Indonésie

Dernière phase de réhabilitation à Sigli
le 29 novembre 2007
Début novembre, la Croix-Rouge française a entamé la réhabilitation de 75 maisons, dernière phase du programme de reconstruction à Sigli. Il s’agit d’intervenir sur des logements endommagés par le tsunami. Ils tiennent encore debout mais sont parfois dangereux pour les familles qui continuent à y vivre. Cette phase doit durer quatre mois maximum, pour les travaux les plus importants.

Maison traditionnelle à Tapion Jaya Blang Paseh - 9.8 ko

Maison traditionnelle à Tapion Jaya Blang Paseh
©/CRF

Sébastien Saes, délégué reconstruction de la Croix-Rouge française à Sigli, rend aujourd’hui visite à chacun de ses bénéficiaires en compagnie des contractants qui seront en charge des travaux : « Ces visites ont pour but de présenter à nos bénéficiaires les entrepreneurs que nous avons engagés et de relire ensemble une dernière fois le cahier des charges. » La réhabilitation de la maison de Mme Nusrani Ibrahim, 32 ans, qui vit avec sa mère et sa grand-mère, demandera près de deux mois de travaux. La maison est construite sur une base en maçonnerie ; les murs sont continués en bois. Le style mélange tradition achinaise et apports hollandais du début du 20ème siècle. « Ce sont souvent de jolies maisons, explique Sébastien. C’est le cœur du patrimoine architectural de la région. » De face, la maison de Nusrani paraît intacte, mais quand on s’aventure derrière, on s’aperçoit que toute la cuisine et les sanitaires ont été emportés. C’est là que la réhabilitation va avoir lieu. Les travaux sur le lot des 75 maisons vont de la réparation simple - un mur ou des colonnes à reprendre, des encadrements de fenêtres cassés - à des travaux plus compliqués comme des interventions lourdes sur la structure du bâti. Car assez curieusement, les maisons d’un même quartier ont été touchées différemment par la vague. La Croix-Rouge française a établi des fiches techniques pour diriger les contractants sur la façon d’entreprendre les réhabilitations et s’assurer que les travaux soient de qualité.

25 maisons à détruire

Durant six mois, l’équipe de réhabilitation a défini le diagnostic technique de chaque maison et décidé de son enveloppe budgétaire. « Une famille sinistrée peut vouloir privilégier tel aspect de sa maison, affirme Sébastien. Nous en discutons. Le tout est de rester dans l’enveloppe que nous avons définie. Mais deux principes ne sont pas négociables : la sécurité de la structure et la présence d’une cellule toilette-cuisine saine. Lorsque cette dernière a été détruite ou n’est plus viable, nous en reconstruisons une. »A l’issue de son évaluation, la Croix-Rouge française a recommandé la destruction de 25 maisons, considérées comme dangereuses, dont celle de Ichac Yusuf et de Ramallah. Mais le couple s’étant opposé à cette décision, « nous avons trouvé un compromis : leur maison était en cours de construction lors du tsunami. Nous referons l’armature pour assurer la sécurité de l’existant, à eux ensuite de continuer leur maison. » L’équipe Croix-Rouge a été confrontée à des cas étonnants comme celui de cette maison très typée, montée sur pilotis, qui a été déplacée de plusieurs mètres par la vague. Elle se trouve maintenant sur le terrain du voisin ! Il n’y avait donc d’autre choix que de la détruire et d’en reconstruire une autre.

Négociations et diplomatie

Le gros du travail a porté sur l’écoute, la négociation et la communication : « Nous avons eu beaucoup de problèmes de voisinage, car il y a différents niveaux de réhabilitation et parfois les gens étaient jaloux du voisin qui obtenait davantage, raconte Sébastien. Les équipes de réhabilitation ont passé en moyenne trois heures chez chaque bénéficiaire pour discuter du projet et expliquer sa démarche : « Nous avons procédé par signature d’accord, comme cela les choses étaient fixées une bonne fois pour toutes », ajoute Ysufan, l’assistant de Sébastien. « Au bout du compte, les gens sont contents, ajoute Sébastien. Cette longue phase d’explications a porté ses fruits, et chacun a finalement compris notre démarche, conclut Sébastien. Tout est clair et transparent. »

Gilles Lordet


   
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