Thaïlande

23 enfants parrainés durant leur scolarité
le 29 novembre 2007
Depuis novembre 2005, la Croix-Rouge française parraine 23 enfants de plusieurs provinces thaïlandaises. Ces enfants ont soit perdu leurs parents ou l’un d’entre eux dans le tsunami, soit ils sont issus d’un milieu très défavorisé et ne peuvent être pris en charge. Le projet de parrainage, initié avec la Croix-Rouge de Phuket et le bureau régional du ministère de l’Education, permet à ces enfants d’avoir une scolarité normale, jusqu’à l’université s’ils le souhaitent.

Madame Pimporn Daphet, en charge des programmes de parrainage d’enfants au bureau régional du ministère de l’Education (province de Phuket) prend régulièrement des nouvelles des 23 enfants parrainés, soit par téléphone, soit en leur rendant visite. Elle s’assure à la fois de leurs résultats scolaires et de leurs conditions de vie au quotidien.

Tina, 5 ans, est la plus jeune enfant parrainée - 14.8 ko

Tina, 5 ans, est la plus jeune enfant parrainée
©/CRF

Aujourd’hui, elle rend visite à Tina, 5 ans, la plus jeune enfant à bénéficier du projet de parrainage. Elle est élevée par sa grand-mère car sa mère est décédée dans le tsunami et son père a pris la fuite. La fillette est actuellement en maternelle. Si elle le veut et le peut, elle pourra poursuivre ses études jusqu’à l’université. Toute sa scolarité sera prise en charge jusqu’à ses 22 ans. La Croix-Rouge française s’est en effet engagée à couvrir tous les frais de scolarité de ces 23 enfants, jusqu’en 2021 : fournitures scolaires, cantine, transport, uniformes, etc. Cette aide financière, versée au début de chaque année scolaire, permet aussi à la famille de l’enfant de subvenir aux besoins quotidiens en nourriture, en mobilier ou autre. Les bénéficiaires ont été identifiés à partir d’une liste établie par la Croix-Rouge thaïlandaise, puis affinée selon des besoins prioritaires. Le montant de l’aide financière a été fixé avec le bureau régional de l’Education, selon le profil et la situation familiale de chaque enfant. Le bureau suit l’évolution scolaire de l’enfant via ses professeurs principaux, son instituteur ou son tuteur, qui sont leurs interlocuteurs privilégiés. Ce sont eux, également, qui gèrent les dépenses des familles, fournissent les justificatifs. La Croix-Rouge thaïlandaise, quant à elle, fait un suivi plus général du parcours de l’enfant. « Il est vrai qu’après le tsunami, ces familles s’inquiétaient beaucoup pour leur avenir. Elles ne croyaient plus, d’ailleurs, en l’avenir. Notre rôle, c’est de donner la force à ces enfants d étudier, de faire des projets, de devenir utiles a la société. Ils ont conscience de l’aide que la Croix-Rouge leur apporte, de cette chance qui leur est donnée de pouvoir étudier. Souvent, les jeunes arrêtent leurs études après trois ans dans le secondaire, faute de moyens », explique Pimporn Daphet.

Des enfants parrainés jusqu’en 2021 - 18.4 ko

Des enfants parrainés jusqu’en 2021
©/CRF

Grâce au parrainage, Narongrit, 17 ans, a la possibilité d’étudier au collège. Il souhaite travailler dans l’hôtellerie ou dans un spa, plus tard, voire même devenir son propre patron. « Grâce à l’aide de la Croix-Rouge, ma mère peut me payer mes études, dit-il. On a pu également acheter un ordinateur, des livres. Je ne sais pas si nous en aurions eu les moyens sans l’aide de la Croix-Rouge. Faire des études m’a aussi permis de reprendre confiance en moi. Maintenant je n’ai plus peur de l’avenir. Je vais beaucoup mieux parce que ces études me font avancer, je ne pense plus qu’à ça, même ! Si je pensais toujours au tsunami, à la disparition de mon père, aux difficultés de ma mère lorsqu’elle s’est retrouvée seule avec moi, je n’avancerais pas dans la vie... »

D’où l’intérêt de mener ce programme à long terme. « Beaucoup d’ ONG sont venues nous aider après le tsunami, mais pour un temps très court, en nous donnant de l’argent pour aider des enfants pendant un an, par exemple. Et après ? Comment expliquer à ces enfants que nous ne pouvons pas continuer à les aider ? C’est important de les accompagner dans la durée, pour leur équilibre psychologique en premier lieu. De plus, nos programmes évoluent constamment, nous les adaptons aux besoins, au fur et a mesure. » Telle est l’opinion du vice-directeur du bureau régional de l’Education, Chalum Arthataam, qui rejoint entièrement la position de la Croix-Rouge française.

Géraldine Drot


   
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