Indonésie

Retrait progressif de la province d’Aceh, qui reprend vie
le 6 décembre 2007
Trois ans après le tsunami, la Croix-Rouge française a pratiquement achevé les opérations de reconstruction dans la province d’Aceh. Au final, plus de 600 maisons ont été construites ou réhabilitées et des quartiers entiers remis sur pied. Les derniers chantiers débuteront dans quelques semaines à Blang Pidie, sur la côte ouest de la province.

bénéficiaires dans leur maison - 9.3 ko

bénéficiaires dans leur maison
©/CRF

Aceh se transforme : dynamique, enthousiaste, presque rayonnante, trois ans après le choc du tsunami. De nouveaux commerces ouvrent dans les villes, le secteur du bâtiment explose, le trafic routier se densifie considérablement et il y a du travail. Les gens reprennent confiance. Comme dans la ville de Sigli, qui fait preuve d’une effervescence qu’elle n’avait pas connue depuis des années, avec un nouveau quartier commercial en plein essor, des restaurants de rue bondés le soir et des habitants souriants. Aceh va bien. Ses habitants aussi.

Le marchand de légumes fait sa tournée - 13.3 ko

Le marchand de légumes fait sa tournée
©/CRF

Madame Yani a récemment emménagé dans sa maison reconstruite par la Croix-Rouge française en septembre dernier, dans le quartier de Benteng. Sous le préau, s’entassent des planches de bois que son mari a récupérées sur leur ancien logement temporaire : « Cela va nous servir à construire la cuisine derrière la maison et à aménager le warong (échoppe traditionnelle, ndlr) que nous voulons ouvrir dans le quartier », explique Madame Yani, avec un large sourire. Car si la cuisine est bien prévue dans le plan des maisons de la Croix-Rouge française, les Achinais préfèrent parfois détourner son utilisation. La pièce initiale se transforme alors souvent en dépendance, en matériaux légers.

Derniers cas épineux

L’équipe de reconstruction Croix-Rouge française gère tout de même quelques cas délicats, comme celui de Madame Ribu Atoon, 68 ans, dont la maison a été détruite, et qui risque l’expulsion du terrain sur lequel elle vit depuis des mois, à l’intérieur d’un baraquement de 15 mètres carrés, avec son petit-fils. « Un de ses cousins s’oppose à ce qu’elle reconstruise sa maison sur son terrain et veut le récupérer, détaille Charles Aurouet, délégué reconstruction à Sigli, Il joue sur le flou qu’il y a eu au moment de l’héritage. L’affaire a pris une telle ampleur qu’elle a été portée au tribunal et nous pensons qu’il tranchera en défaveur de Mme Atoon. »

Rubi Atoon, dans son abri - 8.7 ko

Rubi Atoon, dans son abri
©/CRF

Ces problèmes de titre de propriété restent fréquents à Aceh. En effet, « l’administration de la région est très faible, en partie à cause du conflit armé. Les gens ne règlent pas leurs dossiers administratifs liés à la propriété ou à l’héritage. Donc parfois, nous avons des problèmes qui refont surface, comme celui de Madame Atoon », explique Annie Ringuédé, déléguée Croix-Rouge française, chargée d’évaluer le système foncier achinais.

Conclure à Aceh

La Croix-Rouge française va réduire fortement ses équipes à partir de janvier 2008, avant de quitter le site, en avril prochain. A Sigli, cinq écoles sont encore en construction. Suivra une période de garantie de 6 mois instaurée sur chaque bâtiment, durant laquelle les contractants se sont engagés à réparer les malfaçons éventuelles. Un point très positif pour l’ensemble des intervenants et des habitants. En parallèle, la réhabilitation de 18 centres de soins à Blang Pidie, sur la côte ouest d’Aceh, prendra fin en août 2008.

Dernières constructions en cours - 8.9 ko

Dernières constructions en cours
©/CRF

Jean-Arnaud Etchanchu, chef de la délégation en Indonésie, trace les objectifs des prochains mois : « Les trois enjeux pour préparer notre départ sont d’aider nos employés à retrouver du travail, comme nous l’avons fait quand nous avons fermé la base de Meulaboh en juin dernier. Nous avons également de nombreux documents à valeur juridique à mettre à disposition de la Croix-Rouge indonésienne. Enfin, le plus important, nous devons faire en sorte que tout soit clair sur les titres de propriété des maisons de nos bénéficiaires. C’est un travail avec les autorités administratives d’Aceh qui nous prendra plusieurs mois. Et cela marquera la fin de notre action ici. »

Gilles Lordet


   
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